Mon
oncle Laurent est déficient léger. Il ne peut lire ou écrire. Mais il a un don
magnifique : il joue du piano. Plus jeune il jouait même dans les bars des
Îles ou à la danse pour ses amis handicapés. À sa résidence à Cap-aux-Meules,
je l’ai vu plusieurs fois en train d’animer la galerie sur son petit piano
électrique par de beaux jours d’été, semant la joie parmi les autres
locataires.
Depuis
un ou deux ans, Laurent ne jouait plus de piano sur la galerie. L’année dernière,
je lui demande pourquoi et il me répond : «brisé». Je ne comprenais pas si
les gardiens de la maison ne souhaitaient plus l’entendre ou si réellement le
piano avait rendu ses dernières notes… et si c’était le cas, Laurent
devait bien s’ennuyer.
Cet
été, nous avons fait un grand ménage à la maison de mon père. Depuis des
lustres, nous avions nous aussi un petit piano électrique qui n’a jamais eu de
pattes et sur lequel, appuyé sur deux chaises, jouait parfois ma mère. Il
trône sur le plancher du sous-sol. Ma mère n'en jouera plus... Au lieu de le garder au cas où... (fenghshuiii) nous
décidons d’en faire cadeau à Laurent, comme héritage de ma mère.
Lorsqu’il a vu le piano,
nous avons reçu à notre tour le plus splendide sourire… l’expression même du
bonheur. Il rayonnait. Mais le clou de cette journée fut lorsqu’on a emmené le
piano à sa résidence. Les personnes responsables de la maisonnée étaient très
heureuses de ce cadeau. Qui plus est, le gardien est descendu chercher le pied
de l’ancien piano électrique… qui, comme par «hasard» est de la même marque Sanio que notre
piano... et les deux se sont ajustés parfaitement!
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