Lors de mon voyage sur la Côte-Nord, au monastère de Charlevoix, Père John me demande : «Où vas-tu ?».... Dans une intuition, je lui réponds: «Vers moi».
samedi 13 février 2016
A rien compriiiis 2
Le lendemain, vendredi, je n'ai aucun goût pour aller au « café statutaire ». De toute façon Collègue-Grrr ne m'a pas relancée, sentant probablement la « soupe chaude »... une heure plus tard, j'ai un message d'elle dans ma boîte vocale me disant qu'elle ne peut ce matin... mais qu'elle pourrait en après-midi. Beurk. Je réfléchis, lui écris que c'est ok mais change d'avis. « Pas le temps ».
Collègue-Ange, qui m'entends ronchonner à côté, me dis : « On ne coupe pas ce qui est commencé »... bgrrr. Vers 11h40, elle me demande d'aller à la messe à la Basilique. Ce que je ne peux refuser. Voici les premiers mots du prêtre, comme intro à cette première semaine de Carême : « Je n'aime pas votre jeûne rempli de disputes... »... tel quel !!!. Et ben. On ne peut pas se cacher de Dieu !
La messe fait son œuvre. Je reviens apaisée au bureau. Collègue-Grrr m'a laissé un autre message. Je la rappelle pour savoir ce qui s'est passé avec le document... le dossier a évolué. Les patrons se sont expliqués sur les enjeux. Je sens dans sa voix que la « tempête » a été dure... J'offre de continuer la discussion devant notre « café ». Elle accepte avec plaisir. On retrouve la chaleur du lieu. On clarifie ce qu'il reste à faire. Calmement. Tout s'est replacé. La leçon a porté je crois cette fois. J'ai rassuré ma chef d'équipe, qui est malade en plus, lui disant que tout était réglé. En reparlant à Collègue (qui n'est plus Grrr), je reclarifie notre façon de fonctionner. Elle est reconnaissante. Son patron va être content. Elle me dit « Je t'aime beaucoup » (hmmfff. Enfin... bonnn. oook.... moi ausssiiii). Tout le monde quitte en paix pour cette fin de semaine... de la Saint-Valentin.
A rien compriiis
Certains se demanderont si finalement, on s'est bien entendues Collègue et moi. Quand on prend un grand recul, que l'on apaise ses émotions, on devient plus « observateur » de soi-même et des autres. Mais ça prend du temps avant qu'un comportement et surtout que les valeurs profondes changent...
Nous étions parties sur la bonne voie. Mais, par manque d'écoute de mes préoccupations et de notre façon de fonctionner dans ma direction, Collègue s'est re-butée à un mur. Pas le mien, car j'ai retransmis dare dare la demande telle qu'elle se présentait. Mais celui de ma chef d'équipe totalement exaspérée. Le résultat fut presque amusant. C'est « du grand TM... » lui ai-je soufflé en souriant.
Ce qui fut perçu en grande partie comme un conflit de personnalité, fut bien vite saisi pour ce qu'il était, un manque de jugement et de respect de nos façons de faire respectives. Le document fit le tour de la « machine » et le retour fut brutal pour Collègue. Quant à moi, j'avais juste le goût de changer de clientèle et de ne plus jamais retravailler avec cette personne... Et le café statutaire ? Et bien ! Ce n'était pas le moment... sauf que...
Nous étions parties sur la bonne voie. Mais, par manque d'écoute de mes préoccupations et de notre façon de fonctionner dans ma direction, Collègue s'est re-butée à un mur. Pas le mien, car j'ai retransmis dare dare la demande telle qu'elle se présentait. Mais celui de ma chef d'équipe totalement exaspérée. Le résultat fut presque amusant. C'est « du grand TM... » lui ai-je soufflé en souriant.
Ce qui fut perçu en grande partie comme un conflit de personnalité, fut bien vite saisi pour ce qu'il était, un manque de jugement et de respect de nos façons de faire respectives. Le document fit le tour de la « machine » et le retour fut brutal pour Collègue. Quant à moi, j'avais juste le goût de changer de clientèle et de ne plus jamais retravailler avec cette personne... Et le café statutaire ? Et bien ! Ce n'était pas le moment... sauf que...
dimanche 7 février 2016
Post mortem
Voilà, nous en sommes au troisième « café réunion » chez Secund Cup. Bien sûr, « Rome ne s'est pas bâtit en un jour » comme le dit la maxime. Je prends note des irritants et lui en fait part à notre rencontre. Mais nous avons maintenant du plaisir à déguster notre bon café et à discuter de toutes nos préoccupations et nos dossiers. On se rend compte aussi à quel point on se ressemble et que nous partageons le même objectif d'améliorer l'organisation du travail.
J'ai appris, dans ma vie, mais surtout grâce à ma participation à un comité sur le harcèlement psychologique et la violence en milieu de travail, que si j'ai un différent avec quelqu'un, je dois d'abord lui en faire part directement. Lui faire prendre conscience de son impact sur moi, sa façon, le ton, ses actions, ses paroles. Tant que ce moment est évité, la relation ne change pas. Ça n'est jamais facile. Ce n'est jamais le bon moment. On n'en a jamais le goût. Mais c'est la seule solution. Encore faut-il que l'autre accepte. Les résultats sont inégaux et on ne se fait pas toujours des amis pour la vie. Mais habituellement les choses deviennent beaucoup plus positives.
Ça prend une bonne dose de courage. De la bonne volonté de part et d'autre. Celle de vouloir vraiment que la situation s'améliore. De mon côté, j'y accorde un sens spirituel. C'est là que je prends le courage de faire cet effort. Je demande à être « aidée » et, parfois même, je demande « la conversion » de la personne lorsque tout semble impossible. Étonnamment, ça marche !
J'ai appris, dans ma vie, mais surtout grâce à ma participation à un comité sur le harcèlement psychologique et la violence en milieu de travail, que si j'ai un différent avec quelqu'un, je dois d'abord lui en faire part directement. Lui faire prendre conscience de son impact sur moi, sa façon, le ton, ses actions, ses paroles. Tant que ce moment est évité, la relation ne change pas. Ça n'est jamais facile. Ce n'est jamais le bon moment. On n'en a jamais le goût. Mais c'est la seule solution. Encore faut-il que l'autre accepte. Les résultats sont inégaux et on ne se fait pas toujours des amis pour la vie. Mais habituellement les choses deviennent beaucoup plus positives.
Ça prend une bonne dose de courage. De la bonne volonté de part et d'autre. Celle de vouloir vraiment que la situation s'améliore. De mon côté, j'y accorde un sens spirituel. C'est là que je prends le courage de faire cet effort. Je demande à être « aidée » et, parfois même, je demande « la conversion » de la personne lorsque tout semble impossible. Étonnamment, ça marche !
samedi 6 février 2016
Des anges au travail 2 4/4...
Les consensus ne sont pas faciles à obtenir. Mais à partir du moment où on a démontré chacune notre bonne volonté... N'a-t-il pas été dit : « Paix aux hommes et aux femmes de bonne volonté » ?
Nous avons retenu quelques solutions et surtout, de nous offrir un « café statutaire », à chaque semaine, pour continuer nos discussions, le suivi de dossiers et l'apprentissage de l'autre.
Puis, nous nous sommes offertes un brin de discussion sur notre cheminement spirituel, ce qui nous rapproche un peu plus et suscite un nouvel intérêt. Elle ne met plus les boss en copie courriel, j'ai adouci mon ton. Nous avons convenu de nous parler plus souvent au moyen du téléphone, qui permet une meilleure écoute et de mieux saisir au son de la voix la « vraie » communication qui se déroule au fur et à mesure. Celle qui désamorce les conflits et les mélodrames.
On ne change pas d'un coup. Il faut s'observer après avoir reçu ces messages. J'ai répondu à ma patronne, très heureuse de cette démarche, que nous venions de franchir la première étape d'un work'n progress...
Nous avons retenu quelques solutions et surtout, de nous offrir un « café statutaire », à chaque semaine, pour continuer nos discussions, le suivi de dossiers et l'apprentissage de l'autre.
Puis, nous nous sommes offertes un brin de discussion sur notre cheminement spirituel, ce qui nous rapproche un peu plus et suscite un nouvel intérêt. Elle ne met plus les boss en copie courriel, j'ai adouci mon ton. Nous avons convenu de nous parler plus souvent au moyen du téléphone, qui permet une meilleure écoute et de mieux saisir au son de la voix la « vraie » communication qui se déroule au fur et à mesure. Celle qui désamorce les conflits et les mélodrames.
On ne change pas d'un coup. Il faut s'observer après avoir reçu ces messages. J'ai répondu à ma patronne, très heureuse de cette démarche, que nous venions de franchir la première étape d'un work'n progress...
mercredi 3 février 2016
Des anges au travail... 2 3/4
Exprimer ce que je ressens. Le contexte. Est-ce que ce sera suffisant ? Elle est butée comme un bélier dans la porte de l'étable... Je me prépare avant la rencontre. Mets sur papier mon analyse de la situation. Et je demande au ciel de me « donner les bons mots, le bon ton, la bonne façon pour que tout s'arrange au mieux et qu'on puisse tirer le meilleur de nous-mêmes ». Pour qu'on en ressorte
« gagnante-gagnante » comme y disent...
Cette forme de communication est de la « haute voltige ». Je dois prendre en compte les mots, les expressions, saisir dans toute sa sensibilité le poids de mes propres paroles et leur impact sur l'autre. Je dois me retenir de sauter lorsque je juge que le jugement de l'autre est erroné, voire carrément dans le champs... ou, tout à coup, si je reçois une vérité déplaisante que je ne m'attends pas. Parce que ça arrive aussi.
Devant un bon café fumant, dans un tout autre contexte, elle commence. Nous sommes d'accord que la démarche est importante pour nous deux, nos patrons et nos équipes respectives. C'est bien, je découvre sa perception. Je continue. J'ai fais un shéma et lui présente. Des bulles. La mienne, la sienne, chacune notre intelligence. Ce que nous avons en commun, une bulle de l'entreprise privée, de la facilité, la simplicité et la rapidité d'action. Elle appuie de la tête, appréciant ce constat d'efficacité. Tu penses, tu agis, tu produis. ce qui diffère de notre situation professionnelle actuelle. D'ailleurs, le point principal est qu'elle croit toujours, importé du privé, que le style autoritaire est permis. Que le « client » a toujours raison et peut demander ce qu'il veut, de la façon qu'il veut. C'est à cette croyance profonde que je m'attaque. Le ton monte. En me coupant, je lui fais remarquer son manque d'écoute. Mais ça m'arrive aussi, je l'admets. Une petite voix intérieure me dit « attention, ça shire... » ou la pente est glissante... Je continue sur nos différences : nos processus d'approbation, nos tâches méconnues, les hiérarchies à respecter, la culture organisationnelle. Et surtout, surtout, le changement de culture organisationnelle depuis la mise en place de mesures pour contrer le harcèlement et la violence en milieu de travail. Le gestionnaire est dorénavant responsable du bon climat de travail. Le style autoritaire n'est plus de mise. Tout simplement parce qu'il occasionne des burn out et un fort taux de roulement du personnel. C'est contre-productif.
On passe en revue les derniers courriels. On s'explique les pourquoi et les comment... Elle me dit, à son tour, que je me montre intransigeante et plus difficile que je ne le pensais dans mes relations avec elle et... ses collègues. Je tombe des nues. Je me savais ferme pour mener les projets d'édition à bon port. J'ai dû imposer la politique linguistique et la féminisation des textes. Pas drôle quand on est habitué à écrire d'une certaine façon. Je suis aussi la porte d'entrée de ma direction pour ces « clients » et suis bien souvent entre « l'arbre et l'écorce (ou l'arbre et l'Écosse... comme dit une charmante parenté). Mais je croyais que nos success stories rendaient les professionnels heureux... et bien pas évident.
Voilà. On se connaît un peu mieux maintenant. Nos contextes de travail aussi. On s'est dit plein de choses. Sans méchanceté mais sans complaisance non plus. L'agressivité est tombée. Comme un gros nuage noir au travers duquel on est passé. On a le goût du beau, du bon. Ça se sent.
On passe en mode solution.
« gagnante-gagnante » comme y disent...
Cette forme de communication est de la « haute voltige ». Je dois prendre en compte les mots, les expressions, saisir dans toute sa sensibilité le poids de mes propres paroles et leur impact sur l'autre. Je dois me retenir de sauter lorsque je juge que le jugement de l'autre est erroné, voire carrément dans le champs... ou, tout à coup, si je reçois une vérité déplaisante que je ne m'attends pas. Parce que ça arrive aussi.
Devant un bon café fumant, dans un tout autre contexte, elle commence. Nous sommes d'accord que la démarche est importante pour nous deux, nos patrons et nos équipes respectives. C'est bien, je découvre sa perception. Je continue. J'ai fais un shéma et lui présente. Des bulles. La mienne, la sienne, chacune notre intelligence. Ce que nous avons en commun, une bulle de l'entreprise privée, de la facilité, la simplicité et la rapidité d'action. Elle appuie de la tête, appréciant ce constat d'efficacité. Tu penses, tu agis, tu produis. ce qui diffère de notre situation professionnelle actuelle. D'ailleurs, le point principal est qu'elle croit toujours, importé du privé, que le style autoritaire est permis. Que le « client » a toujours raison et peut demander ce qu'il veut, de la façon qu'il veut. C'est à cette croyance profonde que je m'attaque. Le ton monte. En me coupant, je lui fais remarquer son manque d'écoute. Mais ça m'arrive aussi, je l'admets. Une petite voix intérieure me dit « attention, ça shire... » ou la pente est glissante... Je continue sur nos différences : nos processus d'approbation, nos tâches méconnues, les hiérarchies à respecter, la culture organisationnelle. Et surtout, surtout, le changement de culture organisationnelle depuis la mise en place de mesures pour contrer le harcèlement et la violence en milieu de travail. Le gestionnaire est dorénavant responsable du bon climat de travail. Le style autoritaire n'est plus de mise. Tout simplement parce qu'il occasionne des burn out et un fort taux de roulement du personnel. C'est contre-productif.
On passe en revue les derniers courriels. On s'explique les pourquoi et les comment... Elle me dit, à son tour, que je me montre intransigeante et plus difficile que je ne le pensais dans mes relations avec elle et... ses collègues. Je tombe des nues. Je me savais ferme pour mener les projets d'édition à bon port. J'ai dû imposer la politique linguistique et la féminisation des textes. Pas drôle quand on est habitué à écrire d'une certaine façon. Je suis aussi la porte d'entrée de ma direction pour ces « clients » et suis bien souvent entre « l'arbre et l'écorce (ou l'arbre et l'Écosse... comme dit une charmante parenté). Mais je croyais que nos success stories rendaient les professionnels heureux... et bien pas évident.
Voilà. On se connaît un peu mieux maintenant. Nos contextes de travail aussi. On s'est dit plein de choses. Sans méchanceté mais sans complaisance non plus. L'agressivité est tombée. Comme un gros nuage noir au travers duquel on est passé. On a le goût du beau, du bon. Ça se sent.
On passe en mode solution.
mardi 2 février 2016
Des anges au travail 2 1/2
J'en ai discuté avec ma patronne. Les patrons entre eux. Je me rends compte que seule une action de moi-même pourra arranger la situation... ou elle est vouée à empirer. Mon emploi n'est pas en jeu... mais son estime, sa confiance dans ma capacité à ramener la paix. Bien que l'espoir est mince...
Ma chef d'équipe est aussi découragée de cette nouvelle escalade qui mine le climat de travail. Elle vient me parler dans mon bureau. Et dans un geste qui se veut apaisant, retire une toute petite plume de mon épaule... : « Une plume d'ange », dit-elle avec un sourire. Et moi de penser : « Ben c'est juste une mini plume de duvet de mon nouveau manteau d'hiver ». Enfin, j'apprécie le geste et lui rend un faible sourire.
Et puis elle me raconte une belle synchronicité. J'ai oublié mon téléphone portable hier au bureau. Elle l'a pris dans sa main. Une sonnerie indique un rappel pour l'achat de thé vert. Quelques minutes plus tard, ce même jour, on lui apporte le courrier dans lequel elle découvre une promotion... de thé vert.. et une vraie pochette. Elle me la donne, sourire aux lèvres, encore une fois, pour m'apaiser.
Je m'assoie à mon bureau. Mon autre collègue m'offre un morceau d'un bon gâteau italien... pour me réconforter.
Et puis, je lève les yeux, et voit, par la fenêtre, en cette journée d'hiver... une belle grande plume d'oiseau monter dans le courant d'air. Une « vraie » plume d'ange ! Ben coudon ! Quand tout le monde te parle... faut bien écouter.
Et c'est là que j'ai décidé de faire un pas. À tenter une ultime démarche pour mieux se comprendre. De l'inviter à prendre ce café. Demain.
Ma chef d'équipe est aussi découragée de cette nouvelle escalade qui mine le climat de travail. Elle vient me parler dans mon bureau. Et dans un geste qui se veut apaisant, retire une toute petite plume de mon épaule... : « Une plume d'ange », dit-elle avec un sourire. Et moi de penser : « Ben c'est juste une mini plume de duvet de mon nouveau manteau d'hiver ». Enfin, j'apprécie le geste et lui rend un faible sourire.
Et puis elle me raconte une belle synchronicité. J'ai oublié mon téléphone portable hier au bureau. Elle l'a pris dans sa main. Une sonnerie indique un rappel pour l'achat de thé vert. Quelques minutes plus tard, ce même jour, on lui apporte le courrier dans lequel elle découvre une promotion... de thé vert.. et une vraie pochette. Elle me la donne, sourire aux lèvres, encore une fois, pour m'apaiser.
Je m'assoie à mon bureau. Mon autre collègue m'offre un morceau d'un bon gâteau italien... pour me réconforter.
Et puis, je lève les yeux, et voit, par la fenêtre, en cette journée d'hiver... une belle grande plume d'oiseau monter dans le courant d'air. Une « vraie » plume d'ange ! Ben coudon ! Quand tout le monde te parle... faut bien écouter.
Et c'est là que j'ai décidé de faire un pas. À tenter une ultime démarche pour mieux se comprendre. De l'inviter à prendre ce café. Demain.
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