... une petite communauté. Un minuscule « village d'irréductibles Gaulois » comme on dit dans Astérix. Une seconde famille où j'ai passé plus de temps qu'avec ma parenté. Parfois on s'entendait, et d'autres fois c'était plus difficile. ¨Ça prend un mer de patience, une maîtrise de soi que j'ai bûché avec les années... J'y ai appris tant de leçons de vie depuis 18 ans, que je ne pourrais en vouloir à qui que ce soit.
Comme une combinaison de cadenas à numéros, par « sélection naturelle »... nous avons fini par former, la section de Montréal, un petit groupe très agréable, plus harmonieux. Où un filet d'amour s'écoule envers et contre tout.
Parfois, à force de discuter et de mieux se connaître, on osait se parler de notre religion catholique. Tapie sous la surface, invisible dans ce monde professionnel. L'une « m'a avoué » qu'elle disait le chapelet. Un autre, beau grand gaillard, m'a montré une mini statue de la Vierge sur son bureau. Il nous a dit un jour, bouleversé, qu'une personne s'était effondrée devant lui dans le métro, et qu'il avait prié pour elle.
Moi, je leur parlais des anges à la première occasion.Et comme la belle Charlotte l'a fait pour moi, pendant son court passage au bureau, j'en ai amené à la Basilique, dans cette petite chapelle en arrière, qui fut, en fait, la première au Canada. Comme un secret bien gardé. Pour une pause spirituelle et surtout, pour se donner des forces dans la folie de nos jours. Sur l'heure du midi, une messe toute simple et rapide. Car la fin de semaine est bien occupée avec les enfants, les courses, les sorties... ou trop précieuse pour se reposer.
Un arrêt improbable dans une journée stressante... pour se calmer, attraper un rayon de lumière, un message de sagesse, un brin d'espoir.
Lors de mon voyage sur la Côte-Nord, au monastère de Charlevoix, Père John me demande : «Où vas-tu ?».... Dans une intuition, je lui réponds: «Vers moi».
jeudi 22 novembre 2018
dimanche 18 novembre 2018
Une belle sortie
Ma retraite en a surpris plus d'un. Je tenais à effectuer une belle sortie, j'ai donc fait table rase sur toutes les situations problématiques. J'ai effacé l'ardoise. À quoi ça servirait de garder rancune ? Comme j'ai déjà dit un jour : « J'aime le monde, même s'il y a des personnes avec qui je ne travaillerais pas, avec qui je serai incapable d'habiter ou à qui je ne prêterais pas d'argent! ».
J'ai simplement mentionné, le jour où on m'a offert un bouquet surprise : « Vous savez, quand l'automne est arrivé, ça ne prend pas un gros coup de vent pour faire tomber la feuille! On est comme des diamants bruts... on se fait sculpter par la vie... un petit coup par ci... un petit coup par là.... et tout d'un coup... on se regarde dans une vitrine et on se trouve beau... ».
L'une des personnes avec qui j'ai eu beaucoup de difficultés, m'a fait la surprise de faire l'aller-retour Québec-Montréal, exprès pour ma fête de mon départ. Je n'ai pas compris pourquoi elle avait l'air si reconnaissante. De mon pardon, peut-être. Mais ne serait-ce que pour l'effort qu'elle a réalisé cette journée-là, j'ai glissé à une autre collègue : « Ça vaut tous les pardons du monde! ». Et puis on a eu l'occasion de discuter. On a pris au vol le moment qui nous a été offert.
Qui sait l'effet papillon qui peut en ressortir pour cette belle communauté, malgré tout, qu'est notre direction ? Cette famille professionnelle que la vie nous prête. Ce sont les personnes qui ont le plus de difficulté à aimer qui ont le plus besoin d'amour.
Et comme dirait les « messages de l'univers » : « Quand une porte se ferme, d'autres se rouvrent... ».
J'ai simplement mentionné, le jour où on m'a offert un bouquet surprise : « Vous savez, quand l'automne est arrivé, ça ne prend pas un gros coup de vent pour faire tomber la feuille! On est comme des diamants bruts... on se fait sculpter par la vie... un petit coup par ci... un petit coup par là.... et tout d'un coup... on se regarde dans une vitrine et on se trouve beau... ».
L'une des personnes avec qui j'ai eu beaucoup de difficultés, m'a fait la surprise de faire l'aller-retour Québec-Montréal, exprès pour ma fête de mon départ. Je n'ai pas compris pourquoi elle avait l'air si reconnaissante. De mon pardon, peut-être. Mais ne serait-ce que pour l'effort qu'elle a réalisé cette journée-là, j'ai glissé à une autre collègue : « Ça vaut tous les pardons du monde! ». Et puis on a eu l'occasion de discuter. On a pris au vol le moment qui nous a été offert.
Qui sait l'effet papillon qui peut en ressortir pour cette belle communauté, malgré tout, qu'est notre direction ? Cette famille professionnelle que la vie nous prête. Ce sont les personnes qui ont le plus de difficulté à aimer qui ont le plus besoin d'amour.
Et comme dirait les « messages de l'univers » : « Quand une porte se ferme, d'autres se rouvrent... ».
samedi 17 novembre 2018
Il faut dire...
Qu'aux difficultés professionnelles se sont ajoutés l'accompagnement de Tantounette jusqu'à la fin... la fatigue, une tendinite/capsulite... les préoccupations familiales et mon projet de mémoire. Tout pour user les nerfs, la patience, le corps.
Aussi, comme un refrain lancinant, chaque matin, ou presque, pendant six ans, je passais devant une longue bâtisse dont le mur arrière était rempli de ce graffiti : « Work is long when you're wearing a thong ». Me rappelant ce besoin de liberté de parole.
Chaque fois, cette phrase semblait me parler directement. Comme si les mots s'accumulaient dans ma gorge. C'est aussi un peu pour cela que j'ai rédigé « ce journal spirituel ».
Et puis, deux jours avant de terminer cet emploi occupé depuis tant d'années, le graffité est disparu. Nettoyé ou repeint.
Aussi, comme un refrain lancinant, chaque matin, ou presque, pendant six ans, je passais devant une longue bâtisse dont le mur arrière était rempli de ce graffiti : « Work is long when you're wearing a thong ». Me rappelant ce besoin de liberté de parole.
Chaque fois, cette phrase semblait me parler directement. Comme si les mots s'accumulaient dans ma gorge. C'est aussi un peu pour cela que j'ai rédigé « ce journal spirituel ».
Et puis, deux jours avant de terminer cet emploi occupé depuis tant d'années, le graffité est disparu. Nettoyé ou repeint.
vendredi 16 novembre 2018
La vie comme un torrent
J'ai traversé cette année comme les rapides d'une rivière. L'automne dernier, j'avais rêvé qu'on me disait : « Tu vas vivre l'horreur et après tu vas être bien ». J'ai passé une année extrêmement difficile au bureau. D'un dossier à l'autre, avec certaines collègues, d'une tuile ou d'une déception à l'autre. Mais aussi les retards réguliers des transports en commun, les attentes et les trajets interminables, le froid glacial ou le soleil de plomb. Comme si tout se liguait contre moi pour me faire lâcher prise. Quand la vie veut me voir changer de voie, elle s'y met à plein!
Pendant quelques jours, au printemps, plusieurs personnes m'ont interpellée sur une éventuelle retraite. Même le conseiller financier du bureau, que je ne rencontrais jamais, s'est planté devant la porte de mon cubicule en me demandant si j'y avais pensé... et ben. Je lui ai demandé : « Êtes-vous mon ange gardien déguisé ? » Quand les signes sont énormes... faut bien accepter de les lire. Ce que j'entrevoyais seulement dans quelques années... s'est finalement concrétisé prématurément.
Bon ok, la rente ne sera pas aussi bien qu'elle pourrait l'être... c'est un choix. Mais plus de temps pour mes recherches (vocation tardive). Plus de temps pour mes relations familiales. Plus de temps pour ma spiritualité... enfin j'espère, et autres projets. Faut se discipliner car la force de l'inertie est très grande. Contrer la paresse et la peur... Ne plus faire trop de choses à la fois. Un tel luxe.
Pendant quelques jours, au printemps, plusieurs personnes m'ont interpellée sur une éventuelle retraite. Même le conseiller financier du bureau, que je ne rencontrais jamais, s'est planté devant la porte de mon cubicule en me demandant si j'y avais pensé... et ben. Je lui ai demandé : « Êtes-vous mon ange gardien déguisé ? » Quand les signes sont énormes... faut bien accepter de les lire. Ce que j'entrevoyais seulement dans quelques années... s'est finalement concrétisé prématurément.
Bon ok, la rente ne sera pas aussi bien qu'elle pourrait l'être... c'est un choix. Mais plus de temps pour mes recherches (vocation tardive). Plus de temps pour mes relations familiales. Plus de temps pour ma spiritualité... enfin j'espère, et autres projets. Faut se discipliner car la force de l'inertie est très grande. Contrer la paresse et la peur... Ne plus faire trop de choses à la fois. Un tel luxe.
dimanche 21 octobre 2018
Action de grâce 2018
J'aime la fête de l'Action de grâce au Québec. Chez nos voisins des États-Unis c'est très fêté. Quel beau moment pour se retrouver entre parents et amis, au cœur de l'automne. En rappel, au début, j'ai commencé à célébrer pour pratiquer la recette de dinde de Noël de ma mère. Puis c'est devenu une tradition. J'aime inviter parents ou amis pour cette fin des récoltes, cette abondance. Pour moi, c'est la fête de la reconnaissance, du grand merci.
En préparant le repas, cette année, j'ai eu une pensée toute spéciale pour ces mères du monde entier. Particulièrement celles qui n'ont pas grand chose pour combler les ventres vides de toute la famille. Celles qui font face aux pénuries des sécheresses, des inondations, des ouragans. Celles qui doivent composer avec une inflation galopante, des salaires ridicules. Celles qui sont fatiguées... Les pères aussi, ceux qui cuisinent...
Cette année, nous avons invité Jack et sa tendre moitié. Couché sur son lit d'hôpital, à l'urgence, je lui avais dit que nous les inviterions dès que tout ça serait passé... Envers et contre tout, un an plus tard, quelle belle occasion pour les inviter que le soir de l'Action de grâce. Pour le grand merci de ce beau miracle... entre autres.
Quelle belle soirée.
En préparant le repas, cette année, j'ai eu une pensée toute spéciale pour ces mères du monde entier. Particulièrement celles qui n'ont pas grand chose pour combler les ventres vides de toute la famille. Celles qui font face aux pénuries des sécheresses, des inondations, des ouragans. Celles qui doivent composer avec une inflation galopante, des salaires ridicules. Celles qui sont fatiguées... Les pères aussi, ceux qui cuisinent...
Cette année, nous avons invité Jack et sa tendre moitié. Couché sur son lit d'hôpital, à l'urgence, je lui avais dit que nous les inviterions dès que tout ça serait passé... Envers et contre tout, un an plus tard, quelle belle occasion pour les inviter que le soir de l'Action de grâce. Pour le grand merci de ce beau miracle... entre autres.
Quelle belle soirée.
samedi 20 octobre 2018
Le temps des labours
C'est l'automne... le temps des labours. Nos cœurs aussi se font labourer avec tous ces départs pour l'autre monde. Pas juste beau-papa. Aux Îles y en a plein. Des vieux mais aussi la jeune cinquantaine et même moins. Le père d'une amie, le tendre moitié d'une ancienne collègue, le beau grand garçon de 38 ans d'un autre collègue.
Une équipière au bureau, a beaucoup de difficultés à traverser le deuil de sa grand-mère. Elle vit une peine immense depuis son grand départ l'an dernier, car elle l'a élevée comme sa fille. Pour d'autres raisons aussi qu'elle a confié à deux psy. Rien n'y fait. Je l'ai référée à un prêtre pour entreprendre une démarche de pardon. Pour se pardonner à elle-même d'abord. Pour se reconnecter à Dieu. Elle est reconnaissante pour ces paroles qu'on ose plus dire aujourd'hui...
J'ai ajouté : « Comme rien n'arrive pour rien, je crois que ces moments de peine servent à creuser en nous pour nous rendre plus sensible, plus à l'écoute, des autres, des signes, de l'inspiration, de Dieu. La vie nous retourne comme la charrue ouvre la terre à l'automne. Pour la faire produire plus de fruits. » J'ajouterais encore, pour nous rappeler la fragilité de la vie, que nous devons lui donner un sens profond, que nous sommes ici pour avancer sur ce chemin intérieur pour devenir et donner le meilleur de nous-mêmes.
Tout ça c'est bien beau... mais est-ce que la terre a mal elle aussi ?...
Une équipière au bureau, a beaucoup de difficultés à traverser le deuil de sa grand-mère. Elle vit une peine immense depuis son grand départ l'an dernier, car elle l'a élevée comme sa fille. Pour d'autres raisons aussi qu'elle a confié à deux psy. Rien n'y fait. Je l'ai référée à un prêtre pour entreprendre une démarche de pardon. Pour se pardonner à elle-même d'abord. Pour se reconnecter à Dieu. Elle est reconnaissante pour ces paroles qu'on ose plus dire aujourd'hui...
J'ai ajouté : « Comme rien n'arrive pour rien, je crois que ces moments de peine servent à creuser en nous pour nous rendre plus sensible, plus à l'écoute, des autres, des signes, de l'inspiration, de Dieu. La vie nous retourne comme la charrue ouvre la terre à l'automne. Pour la faire produire plus de fruits. » J'ajouterais encore, pour nous rappeler la fragilité de la vie, que nous devons lui donner un sens profond, que nous sommes ici pour avancer sur ce chemin intérieur pour devenir et donner le meilleur de nous-mêmes.
Tout ça c'est bien beau... mais est-ce que la terre a mal elle aussi ?...
jeudi 18 octobre 2018
La Pauline
Celle qui pense à tout. Celle qui sait tout dans ces moments-là. L'indispensable d'une famille. Elle était en voyage au moment où son père est parti. Elle fut « inspirée » de téléphoner ce soir-là, alors qu'on était rassemblés à l'hôpital. Un ange ? Sa mère ? Son père ? Qui sait ? Sa sœur lui a annoncé au téléphone. Elle est revenue plus tôt. Évidemment.
Je me demande, que fera-t-on sans les Pauline ? Pour tous ces détails de ces rituels qui ont marqué notre vie ? Des connaissances à transmettre.
Déjà qu'elles ne peuvent penser à tout. Surtout dans ces moments d'émotion. Belle-maman n'avait pas de chapelet dans les mains. Mon conjoint s'est tourné vers moi et m'a demandé de but en blanc si j'en avais un... comme de fait, exceptionnellement, ben oui! Un deuxième! Un rose, plus joli que celui de plastique que je traîne un peu partout. Sa pensée pour ce détail m'a surprise..J'ai trouvé ça beau.
Haaa, les Pauline. Une espèce rare... à apprécier.
Je me demande, que fera-t-on sans les Pauline ? Pour tous ces détails de ces rituels qui ont marqué notre vie ? Des connaissances à transmettre.
Déjà qu'elles ne peuvent penser à tout. Surtout dans ces moments d'émotion. Belle-maman n'avait pas de chapelet dans les mains. Mon conjoint s'est tourné vers moi et m'a demandé de but en blanc si j'en avais un... comme de fait, exceptionnellement, ben oui! Un deuxième! Un rose, plus joli que celui de plastique que je traîne un peu partout. Sa pensée pour ce détail m'a surprise..J'ai trouvé ça beau.
Haaa, les Pauline. Une espèce rare... à apprécier.
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