dimanche 21 juin 2015

Pères et mères

L'an dernier, j'ai écrit un article pour la Fête des Mères et un autre pour la Fête des Pères.

Comme une réponse à mes prières, juste avant la Fête des mères cette année, près de 700 femmes et enfants ont été sauvées des griffes du groupe terroriste Boko Haram au Nigéria. Ces femmes et ces enfants prendront du temps à guérir leurs blessures physiques et psychologiques. D'autant que plusieurs femmes sont devenues enceintes des suites de leur captivité forcée. Mais ces libérations mettent fin au moins aux mauvais traitements infligés. Elles permettent aussi le retour au foyer... ou ce qu'il en reste.

Ce sont des mères et des pères qui ont vu revenir leurs filles grandes ou petites...  car ne l'oublions pas, si les pères sont bien souvent plus bourrus, leur sensibilité moins exprimée est néanmoins réelle.

Pourquoi faut-il tant de prières pour contrer le Mal ? C'est un mystère. Mais quand le Bien triomphe, c'est le cadeau de Dieu et ses anges. Je le vois, je le célèbre et j'en suis reconnaissante.

Bonne fête des pères... et bonne fête des mères !

Avec Amour!

jeudi 18 juin 2015

Dur, dur les souvenirs

Au fonds, c'est contre les souvenirs que nous luttons. Notre vécu émotif s'imprime dans notre cerveau comme sur un négatif de film. Les événements positifs laissent une certaine marque. Au fil du temps, certains ont même tendance à nous rappeler comment autrefois « c'était le bon temps » de façon générale. On tamise les vieux défauts. Les événements négatifs semblent toutefois s'imprimer plus profondément, comme un sillon creusé dans l'âme.

Lorsque mon esprit vagabonde sur l'un ou l'autre, il fait parfois remonter en même temps que les souvenirs, les émotions du moment. Comme un CD gravé. Je surprends alors une vieille colère qui remonte à la surface. Une bulle de vieux méthane d'émotions pourries... Haaa. Dur, dur de ramener la paix. Puis je tourne mon regard vers le soleil, vers autre chose, vers un autre souvenir, vers l'Amour infini. Le fantôme se retasse dans le fonds, rétrécie jusqu'à disparaître à nouveau.

Question de point de vue.

mercredi 17 juin 2015

Commission Vérité et Réconciliation : de la dérive... au pardon

Quelque part, on ne peut confirmer par qui, notre famille a de l'ascendance du peuple Micmac. J'en ai déjà glissé un mot lors de mon voyage sur la Côte-Nord. Mais pas besoin de sentir leur sang couler dans nos veines pour compatir au sort qui a été réservé aux enfants amérindiens pendant des décennies dans les centres d'éducation, ou, disons-le  « d'assimilation », en plus de leur imposer des violences inhumaines et les cruelles séparations d'avec leurs parents. Ça sort de l'entendement.

Le sort des Autochtones n'a de toute façon, pas été « jojo » depuis la découverte des Amériques, grands perdants de cette lutte de pouvoir, retranchés dans des réserves. Cependant, c'est d'une tristesse infinie de réaliser que des personnes en autorité supposément spirituelle ont abusé de leur position. Tout le contraire de l'enseignement d'amour auquel elles se sont engagés...

Le pouvoir peut rendre fou, où qu'il soit utilisé, notamment en politique, dans la pratique religieuse, en gestion, sous l'autorité parentale ou dans un gang de rue. La religion, en fait, toute religion pratiquée sans âme et de façon autoritaire fait le vide. Chez les Catholiques, c'est arrivé aux Amérindiens, aux Orphelins de Duplessis, mais aussi en paroisse et autres. On l'a caché, escamoté, balayé sous le tapis, repoussé plus loin... et ça a recommencé. L'Église s'est fermée les yeux pendant trop longtemps, par peur de perdre des acquis... Non seulement sur certains actes mais aussi sur les besoins physiques humains des religieux. Ceux-ci ne sont pas forcément des ermites. On peut développer de la spiritualité sans rituels religieux. Mais on ne peut devenir religieux, au sens profond du terme, sans spiritualité, sans conscience de soi et des autres. Autrement, c'est la dérive...

Au delà des violences en institutions et des crimes contre la personne, la dérive humaine s'est matérialisée pendant des siècles notamment dans la traite systématisée des esclaves, il en existe d'ailleurs encore aujourd'hui..., dans  l'Apartheid en Afrique du Sud, dans l'Holocauste et autres génocides, dans la déportation de mes ancêtres acadiens. Et à tous, au nom de la paix et de la réconciliation, on invoque le pardon.

Je n'ai pas vécu de situations aussi dramatiques et ne sais donc pas qu'elle serait mon état d'âme. J'ai toutefois subit du harcèlement psychologique et de la violence dans certains milieux de travail. Mais le jour où, après des années, j'ai recroisé un ancien patron violent dans l'autobus et que je n'ai plus senti de colère en moi, de mépris, je me suis sentie bien et lumineuse.  J'ai ressentie la paix. Mon sourire était sincère. Je « ne l'inviterais pas à ma fête » comme avait dit mon petit neveu de trois ans à sa mère qui se plaignait tout haut d'une personne... mais au moins ma noirceur est enfin partie.

« Œil pour œil rendra l'homme aveugle » a dit Ghandi. Il est humain d'en vouloir aux bourreaux... la force de pardonner est sûrement divine... c'est ce que je leur souhaite à tous.

lundi 1 juin 2015

Les biens pensants... et les autres

Dimanche à une messe ordinaire. Une jeune fille est assise, seule, sur le banc devant moi.

La messe commence. Nous sommes invités à nous lever... et la fille reste assise. Bien plus, je regarde, estomaquée de la voir répondre à ses courriels sur son I-Phone. C'est ainsi tout le long de la messe. Elle est étrangère à ce qui s'y passe.

Je me souviens alors, il y a quelques années, avoir réprimandé deux jeunes venus assister à un concert de chorale dans une église. Ils étaient assis à l'arrière, dans mon banc. Ils riaient, jasaient comme si de rien n'était...  J'étais « bleu marin » ! Je connais, pour m'y être engagée pendant cinq ans, tous les efforts et les joies de participer à cette chorale. Je n'ai pas pu m'empêcher de leur dire, en sortant : « Vous savez, ce n'est pas l'école ici. Vous n'étiez pas obligés d'y assister ! ».

Je me souviens aussi, dans une autre église, avoir vu une jeune lire ses courriels sur son I-Phone... en allant communier !

Et nous y revoilà. De nos jours, personne n'est forcé d'assister à une messe. Enfin je l'espère. Mais à voir le peu de jeunes à cet office ordinaire, je le crois volontier. Que fait là cette jeune fille indifférente ? Je n'en reviens pas et regarde autour. Personne n'y porte attention. Les aînés assis devant elle ne se retournent pas. Suis-je la seule à m'offusquer ? Et puis je regarde la situation sous un autre angle. Peut-être se sent-elle bien entourée de ces gens, dans l'atmosphère de nos rituels, qu'elle y retire quelque chose ?... Pourrais-je la rejeter si les autres ne le font pas ? Et pourquoi le ferais-je moi, nouvelle dans cette communauté ? Étrange situation... Un autre téléphone sonne et le prêtre fait une blague sur ce sujet... Je laisse passer et me recentre sur l'homélie... qui parle justement de patience, de bonté, etc. Et ben! Je n'y suis pas tout à fait.

Juste avant la communion, je me retourne pour « souhaiter la paix » aux gens derrière moi, de même qu'à la personne à mon côté... et je m'étire... pour l'offrir à ma jeune voisine d'en avant. Elle s'extirpe de son courriel et me regarde, étonnée. Elle n'a pas compris. Je lui tend la main avec un beau sourire (un brin moqueur, je l'avoue... mais sincère tout de même) et répète la petite phrase : « Je te souhaite la paix ». Alors, elle répond à mon sourire par le sien, me serre la main et je crois bien, répète cette petite phrase.

À la communion, je la vois alors faire un geste tendre envers l'une des personnes âgées assises devant elle. Elle en amène une autre aux toilettes avant de partir. Et je comprends enfin qu'elle accompagne un groupe. Qu'elle soit en travail ou bénévole, elle a permis à ces vieilles personnes de participer à ce qui leur est cher. Et pour cela, même dans sa bulle, elle mérite qu'on l'accepte dans cette petite communauté.

Je me suis vue, alors, moi-même comme l'une de ces personnes « bien-pensantes », qui accordent parfois plus d'importance au rituel qu'aux personnes qui nous entourent. J'en ai déjà jugé d'ailleurs,... et me voilà prise à mon propre jeu!

Déjà entendu : « Mon Dieu, donnez-moi la patience... mais faites-vite ! »

samedi 30 mai 2015

Tout ou rien

J'ai assisté un jour, découragée, aux démarches téléphoniques désespérées de ma petite voisine Cathie pour trouver quelqu'un de sa famille qui l'accompagne en catéchèse. Personne. Je l'aurais bien amenée mais elle avait besoin des siens. La « caté » est tombée dans l'oubli. La famille a tout de même accepté mes petits cadeaux, une croix par ci, un rameau par là... mais amener régulièrement un enfant en catéchèse était de trop.

Des parents m'ont déjà glissé connaître et même réciter le Notre Père de temps en temps. Mais plusieurs d'entre eux se fient sur les grands-parents pour transmettre les prières. Comme une gêne. Sauf que cette génération s'en va petit à petit.

Les rituels existent encore. Doucement, presque en cachette, des parents me confient qu'ils ont fait baptiser leur enfant. Le mariage est encore « à la mode ». On en parle plus facilement. Les funérailles essentielles, encore que les rituels changent. Mais la transmission du flambeau de la foi et de la prière est autre chose.

Au delà des rituels, demeure une question profonde de « sens à la vie ». Entre le rien-du-tout et la dévotion-pure-laine existent plein de nuances et de potentiel d'épanouissement spirituel. Des besoins aussi. On le voit bien avec les jeunes catholiques qui trouvent un sens à leur vie à aller combattre en  Syrie. Comme un gouffre intérieur à combler. Ce n'est pas parce qu'on en parle plus que ça n'existe plus. Et ce n'est pas parce qu'on laisse libre, qu'on invite à participer. Il faut encourager. Transmettre ce que l'on a, une prière, un lampion, une allusion à un message spirituel. Si petit soit ce geste, cette parole, c'est déjà un point lumineux dans notre nuit... une étoile intérieure.

lundi 25 mai 2015

Hi, hi, hi... pffff...

Un jour de catéchèse, nous nous promenons à l'intérieur de l'église pour apprendre le langage de notre religion catholique. Les parents accompagnent les enfants. On présente les différents vêtements du prêtre, on fait le tour du chemin de croix, on explique l'autel, l'ambon et le lectionnaire (où on fait les lectures et la grande Bible qui s'y trouve). En fait, pour être franche, j'ai toujours trouvé assez inutilement compliqué et rébarbatif le lexique catholique. Mais bon, on a besoin de mots et de précision...

Derrière l'autel, nous présentons le « tabernacle » (pfff... ), le « calice » (hi,hi, hi...), le « ciboire » (pfff, hi, hi...) où on met « l'hostie » (hi, hi... ). L'un des parents se marre derrière moi. Je me retourne pour connaître enfin l'objet de cet humour... Le père d'une enfant originaire d'un pays étranger, qui visiblement n'est pas un « crapaud de bénitier », me dit alors que tous ces mots qu'il avait déjà entendus (quelque peu déformés) ici et là... et bien il ne savait pas que c'était des mots religieux !

mardi 19 mai 2015

Le rat de Bethléem


Une anecdote en passant...


J’amène mon petit voisin Kaylen à mon cours de catéchèse du dimanche matin. Mais je me demande, à chaque réponse, ce que va me sortir ce petit bonhomme hyperactif.

C'est le temps de l'Avent. Après la lecture de la naissance de Jésus dans une version « grotte » de Bethléem, Kaylen demande s’il y avait des chauves-souris… ce qui, en soit, s’avérait logique mais un brin dérangeant. Puis, alors qu’on demande aux enfants quels animaux étaient présents dans l’histoire qui se situe habituellement dans une étable, Kaylen lève la main à nouveau et répond… des rats! Levant les yeux au ciel, je précise que l’histoire nous fait plutôt part du bœuf, de l’âne et des moutons des bergers…  Quelques minutes plus tard, après une petite mise en scène avec les enfants, nous terminons devant un grand panneau qui arbore le dessin d’une crèche traditionnelle, soit une étable avec la paille, le bœuf et l’âne… et Kaylen nous fait tout à coup remarquer sur ce panneau… un petit rat !