Me retrouver aux Îles signifie aussi vivre avec les aléas de la température.
Ces jours-ci, c'est avec les restes de l'ouragan Dorian. Minuscule archipel dans le golfe Saint-Laurent, les Îles de la Madeleine sont si fragiles... que ne l'ai-je déjà mentionné.
En 1975, nous avons subit la queue de l'ouragan Blanche. Tout de même... le toit du motel Bellevue s'est enlevé! Avec les changements climatiques, bien visibles ici, nos limites sont repoussées de plus en plus. Beaucoup de tempêtes de vent plus tard, jusqu'à 130 km heure l'an dernier... nous voilà à éponger les restes de l'ouragan Dorian provenant des pauvres Bahamas. qui se sont fait lessivées pendant 36 heures!
La Nouvelle-Écosse, notre sœur des maritimes, y a bien goûté à cet ouragan devenu Force 2. Au moins, pour nous, en la traversant, il perd de son intensité... jusqu'à 120 km/heure et plus. Nos côtes rétrécissent comme une peau de chagrin à l'assaut des vagues. Nos poteaux électriques ressemblent à des allumettes dans ces tourmentes.
Je nous ai confié à la Vierge...
Lors de mon voyage sur la Côte-Nord, au monastère de Charlevoix, Père John me demande : «Où vas-tu ?».... Dans une intuition, je lui réponds: «Vers moi».
lundi 16 septembre 2019
vendredi 16 août 2019
Un gros contrat!
C'est ce que m'a dit la fille de la dame qui a pris la chambre de mon père au centre pour personnes âgées. Oui, c'est certain. Un gros contrat d'amour qui se vit un jour à la fois, sans promesse d'avenir. Des moments remplis d'émotions, de joie, de frustration, de panique devant la maladie. Des moments à la fois riches et privilégiés, mais aussi difficiles. C'est ça accompagner quelqu'un qu'on aime.
Tous les proche-aidant comprennent ce qu'on ressent... et moi je les comprends mieux maintenant. Je les vois plus aussi. Les soeurs en face de chez nous et leur mère malade. Elles l'ont soigné jusqu'au bout, à la maison. Cette fille dont le père est Alzheimer et qu'elle accompagne à la messe, elle aussi. Et d'autres encore... comme cette chanteuse d'opéra qui, un jour, quitta Paris pour revenir auprès de sa mère, Alzheimer elle aussi. Mais aussi des parents d'enfants handicapés.
« Ce que vous aurez fait aux plus petits d'entre nous, c'est à moi que vous l'aurez fait. »
On ne les voit pas ces personnes. Souvent des femmes. Elles servent discrètement, se consacre jour et nuit. Parfois, elles doivent laisser partir enfin à l'hôpital ou dans un centre spécialisé. Épuisées, elles n'en peuvent plus.
C'est en le faisant que je me suis rendue compte du principal sacrifice, notre liberté, et du peu de services d'aide. Les bénévoles vieillissent eux aussi. Sont fatigués. Toujours les mêmes qui font tout, qui s'impliquent partout. Toute une génération de bénévoles qui vont s'envoler...
Tous les proche-aidant comprennent ce qu'on ressent... et moi je les comprends mieux maintenant. Je les vois plus aussi. Les soeurs en face de chez nous et leur mère malade. Elles l'ont soigné jusqu'au bout, à la maison. Cette fille dont le père est Alzheimer et qu'elle accompagne à la messe, elle aussi. Et d'autres encore... comme cette chanteuse d'opéra qui, un jour, quitta Paris pour revenir auprès de sa mère, Alzheimer elle aussi. Mais aussi des parents d'enfants handicapés.
« Ce que vous aurez fait aux plus petits d'entre nous, c'est à moi que vous l'aurez fait. »
On ne les voit pas ces personnes. Souvent des femmes. Elles servent discrètement, se consacre jour et nuit. Parfois, elles doivent laisser partir enfin à l'hôpital ou dans un centre spécialisé. Épuisées, elles n'en peuvent plus.
C'est en le faisant que je me suis rendue compte du principal sacrifice, notre liberté, et du peu de services d'aide. Les bénévoles vieillissent eux aussi. Sont fatigués. Toujours les mêmes qui font tout, qui s'impliquent partout. Toute une génération de bénévoles qui vont s'envoler...
jeudi 8 août 2019
À contre-courant
Ce texte Si j'avais su... a été lu par un prêtre lors de funérailles cet automne. Je le trouvais beau (le texte), mais il arrivait « justement » au moment où je me posais la question : « Quand vais-je ramener mon père à la maison? ».
Question qui n'est pas banale. En fait, plutôt à contre-courant. Mon père était « placé » dans un centre pour personnes âgées. Mais il y était malheureux, trop éloigné de la maison, de la famille, de tout. Et sa santé nécessite constamment une « écoute active », fragile qu'il est, d'une heure à l'autre.
Lorsque Aînée m'a dit : « On devrait s'organiser pour le garder à la maison... pour ne pas avoir de regrets plus tard... pour en prendre soin. » Notre mère est « partie », du jour au lendemain. Si on avait su... J'y ai réfléchi longuement. Tout chambouler notre univers n'est pas très la mode aujourd'hui. Se consacrer à l'autre, sacrifier surtout sa liberté pour devenir proche-aidante. Au moins à tour de rôle.
Et puis, un jour, en regardant une vieille lampe à pétrole, je me suis rappelée lorsqu'on était enfant et que l'électricité manquait. Le feu de cette lampe brûlait doucement dans le corridor, nous rassurait. Papa veillait à tout. Il était notre sécurité. On ne manquait de rien. Aujourd'hui, c'est à nous de veiller sur lui, d'être sa sécurité.
Je suis partie, après la messe... le ramener à la maison.
Question qui n'est pas banale. En fait, plutôt à contre-courant. Mon père était « placé » dans un centre pour personnes âgées. Mais il y était malheureux, trop éloigné de la maison, de la famille, de tout. Et sa santé nécessite constamment une « écoute active », fragile qu'il est, d'une heure à l'autre.
Lorsque Aînée m'a dit : « On devrait s'organiser pour le garder à la maison... pour ne pas avoir de regrets plus tard... pour en prendre soin. » Notre mère est « partie », du jour au lendemain. Si on avait su... J'y ai réfléchi longuement. Tout chambouler notre univers n'est pas très la mode aujourd'hui. Se consacrer à l'autre, sacrifier surtout sa liberté pour devenir proche-aidante. Au moins à tour de rôle.
Et puis, un jour, en regardant une vieille lampe à pétrole, je me suis rappelée lorsqu'on était enfant et que l'électricité manquait. Le feu de cette lampe brûlait doucement dans le corridor, nous rassurait. Papa veillait à tout. Il était notre sécurité. On ne manquait de rien. Aujourd'hui, c'est à nous de veiller sur lui, d'être sa sécurité.
Je suis partie, après la messe... le ramener à la maison.
vendredi 2 août 2019
Si j'avais su...
Si j'avais su que ce serait la dernière fois que je te verrais dormir,
je t'aurais embrassé du plus fort que je pouvais.
Si j'avais su que ce serait la dernière fois que je te voyais franchir la porte,
je t'aurais serré très fort contre moi.
Si j'avais su que ce serait la dernière fois que j'entendrais ta voix,
je l'aurais enregistrée pour la réécouter chaque jour.
Si j'avais su que ce serait la dernière fois, j'aurais pris le temps de m'arrêter et de te dire
« je t'aime », au lieu d'assumer que tu le savais.
Si j'avais su que ce serait la dernière fois, je serais resté là
pour partager ce jour avec toi, au lieu de penser
que tu en avais tellement d'autres à vivre,
que le laisser passer sans te voir n'avait pas d'importance.
On peut toujours remettre au lendemain ce qu'on pourrait faire aujourd'hui.
On a toujours une seconde chance. C'est ce qu'on croit.
On pourra dire demain : « Je t'aime », « Tu es important pour moi »,
« Est-ce qu'il y a quelque chose que je peux faire pour toi ? »
Mais, sait-on jamais ?
Aujourd'hui est tout ce que je possède, et je veux te dire combien je t'aime.
Demain, ne l'oublions jamais, n'est jamais une certitude, juste une promesse.
Aujourd'hui est peut-être notre dernière chance de dire notre amour.
Si vous pensez le faire demain, pourquoi pas aujourd'hui ?
Parce que, si demain ne vient jamais,
vous risquez de regretter de ne pas avoir pris ce moment pour un sourire, une caresse,
un baiser, une étreinte, une attention qui aura été son dernier souhait, sa dernière joie.
Prenez le temps de serrer ceux que vous aimez dans vos bras,
chuchotez-leur des mots tendres, dites-leur combien vous les aimez,
combien vous les aimerez toujours.
Prenez le temps de leur dire : « Je te prie de m'excuser »,
« Je suis désolé », « Merci », « Il n'y a pas de problèmes »,
et finalement, de les regarder d'un regard d'amour.
Si demain ne vient jamais,
vous n'aurez aucun regret de ce qu'aurait pu être aujourd'hui.
Auteur : Jasmine
mercredi 31 juillet 2019
Miracle ou pas ?
Il y a trois semaines, un père et son fils ado sont disparus en hélicoptère. Je ne sais pas pourquoi, probablement à cause de l'enfant, cette histoire m'a bouleversée... Je me suis même mise à regarder Google Earth au cas où je distinguerais un point blanc étrange, quelque part dans la forêt du nord des Laurentides. Moi qui ne suis pas techno!...
J'ai prié, moi aussi comme beaucoup de Québécois pour qu'on les retrouve vivant. Mais, bien que je le souhaitais ardament, comme tout le monde, j'étais consciente que la vie et la mort appartiennent à Dieu. Parfois, il semble se laisser fléchir. Parfois non. Dépendant probablement du destin de chacun mais aussi des autres qui leurs sont liés. Des leçons à tirer ou je ne sais quoi de mystérieux dans son grand dessein pour nous.
Pendant ces deux semaines, je me suis dit que de tels événements devaient sûrement avoir pour sens, à tout le moins, de démontrer notre solidarité... et de nous remettre à prier, intensément, à en sortir le chapelet.
L'hélicoptère a été retrouvé deux semaines plus tard. Minuscule point blanc dans une immense forêt très dense. On a dit, aux nouvelles, que les secours ont dû passer plusieurs fois au-dessus sans le voir. Les deux passagers étaient morts, à côté de l'appareil.
Je crois qu'il y a eu un miracle, tout de même. Au moins, au moins, ils ont été retrouvés la semaine dernière, dans une zone inhabitée... dans pas trop long. Ç'aurait pu être dans un mois ou l'an prochain, par un chasseur passant par là... ou jamais. Chaque instant angoissant la famille, les amis, les collègues.
Dimanche dernier, à la messe, c'était le texte : « Demandez et vous recevrez. Cherchez et vous trouverez... ».
Au moins, d'une certaine manière... il y a la paix maintenant.
J'ai prié, moi aussi comme beaucoup de Québécois pour qu'on les retrouve vivant. Mais, bien que je le souhaitais ardament, comme tout le monde, j'étais consciente que la vie et la mort appartiennent à Dieu. Parfois, il semble se laisser fléchir. Parfois non. Dépendant probablement du destin de chacun mais aussi des autres qui leurs sont liés. Des leçons à tirer ou je ne sais quoi de mystérieux dans son grand dessein pour nous.
Pendant ces deux semaines, je me suis dit que de tels événements devaient sûrement avoir pour sens, à tout le moins, de démontrer notre solidarité... et de nous remettre à prier, intensément, à en sortir le chapelet.
L'hélicoptère a été retrouvé deux semaines plus tard. Minuscule point blanc dans une immense forêt très dense. On a dit, aux nouvelles, que les secours ont dû passer plusieurs fois au-dessus sans le voir. Les deux passagers étaient morts, à côté de l'appareil.
Je crois qu'il y a eu un miracle, tout de même. Au moins, au moins, ils ont été retrouvés la semaine dernière, dans une zone inhabitée... dans pas trop long. Ç'aurait pu être dans un mois ou l'an prochain, par un chasseur passant par là... ou jamais. Chaque instant angoissant la famille, les amis, les collègues.
Dimanche dernier, à la messe, c'était le texte : « Demandez et vous recevrez. Cherchez et vous trouverez... ».
Au moins, d'une certaine manière... il y a la paix maintenant.
vendredi 26 juillet 2019
Miracle spatial : Appollo 13
Perdu dans l'espace... ou presque.
Je vous invite à regarder le film basé sur l'histoire vraie de cette équipe d'astronautes qui devaient marcher sur la lune... et qui ont eu d'importants pépins.
Mais l'amour, les prières et la foi de milliers de personnes sur la Terre... et l'inspiration des génies de la NASA les a ramenés.
Oufff.
Je vous invite à regarder le film basé sur l'histoire vraie de cette équipe d'astronautes qui devaient marcher sur la lune... et qui ont eu d'importants pépins.
Mais l'amour, les prières et la foi de milliers de personnes sur la Terre... et l'inspiration des génies de la NASA les a ramenés.
Oufff.
lundi 15 juillet 2019
Bye Bye Boss!
Comme dans l'annonce du loto. Je n'ai pas gagné... mais j'ai tout de même quitté mon emploi. Le destin s'arrange parfois pour nous mener sur un chemin inattendu...
Toutes les portes se ferment, pour une raison ou une autre. Même les retards des transports en commun ont joué sur mes nerfs tout l'hiver l'an dernier et les trajets interminables. Et puis la synchronicité s'est mise de la partie, pendant une certaine période, alimentant ma réflexion. Ma santé aussi. Je suis partie plus tôt que prévu, malgré de meilleures conditions d'emploi négociées par notre syndicat.
Quand on pose des questions à Dieu... il nous répond parfois de manière surprenante.
Il y a toujours une part de sacrifice. C'est le grand cadeau que je me fais. Je prends soin de moi... et des autres.
Toutes les portes se ferment, pour une raison ou une autre. Même les retards des transports en commun ont joué sur mes nerfs tout l'hiver l'an dernier et les trajets interminables. Et puis la synchronicité s'est mise de la partie, pendant une certaine période, alimentant ma réflexion. Ma santé aussi. Je suis partie plus tôt que prévu, malgré de meilleures conditions d'emploi négociées par notre syndicat.
Quand on pose des questions à Dieu... il nous répond parfois de manière surprenante.
Il y a toujours une part de sacrifice. C'est le grand cadeau que je me fais. Je prends soin de moi... et des autres.
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