lundi 9 décembre 2019

Panis Angelicus

 Noël bientôt.

Dans mon auto, j'aime écouter des chants de Noël. Il m'arrive aussi de chanter en back vocal,  le Panis Angelicus. J'ai remarqué, en m'écoutant, que je chante particulièrement bien ma version soprano lorsque j'arrête de m'égosiller et que j'emprunte la voix de l'humilité. C'est plus doux, plus sûr, plus beau. 

Je l'ai apprise, feuille à la main, pendant mes interminables moments d'attente de train et de métro.

 J'aime particulièrement la version de Andrea Bocelli. Peut-être parce que je le trouve beau et humble de ne pas savoir à quel point il est beau, étant aveugle de naissance.

En voici la traduction.

Panis Angelicus

Le « Panis Angelicus » est une hymne liturgique écrite par Saint Thomas d'Aquin pour la Solennité du Corps et du Sang du Christ...
 
Panis Angelicus fit panis hominum.
Le pain des Anges devient le pain des hommes.
Dat panis cælicus figuris terminum.
Le pain du ciel met un terme aux symboles.
O res mirabilis manducat Dominum
Ô chose admirable, il mange son Seigneur
Pauper servus et humilis.
Le pauvre, le serviteur, le petit.
Te trina deitas Unaque poscimus
Dieu Trinité et Un, nous te le demandons,
Ut nos tu visita sicut te colimus
Daigne par ta visite répondre à nos hommages.
Per tuas semitas Duc nos quo tendimus,
Par tes voies, conduis-nous au but où nous tendons,
Ad lucem quem inhabitas.
A la lumière où tu demeures.

lundi 2 décembre 2019

Deux jeunes

À la messe des funérailles, il y avait deux jeunes, les deux petits-enfants du grand-père décédé. Deux beaux jeunes, élevés dans une bonne famille. Mais comme la plupart d'entre elles de nos jours, on les rencontre à l'église que dans ces moments particuliers ou à Noël. Le Père Romero leur a transmis un message, celui de la foi profonde de leur grand-père. Qu'ont-ils saisi ?...

De cette foi qui nous a permis de passer au travers les difficultés de la vie et d'en franchir les étapes importantes. Cette même foi qui nous rassemble aujourd'hui, petite communauté. Cette même foi qui porte ce prêtre laissé seul pendant plus d'un mois (l'autre étant parti voir sa famille en Afrique...) à courir sur tout notre archipel pour célébrer les office réguliers, et surtout les nombreuses funérailles de ce sombre mois de novembre. Mais, rien n'y parait dans sa douceur, ses mots de réconfort, sa présence.

Et j'ai pensé à Père Miguel, un jour que je lui confiai mon inquiétude au sujet des jeunes et de la technologie. « Comment feront-ils pour passer au travers la vie avec toute cette quincaillerie ? Quels sortes de liens  tisseront les jeunes dans la froideur des écrans et des robots ? »

Et ce bon prêtre de me répondre : « Dieu trouvera son chemin ».









samedi 30 novembre 2019

S'accompagner

Notre destin est beaucoup plus large que nous le pensons. Lorsque la Vie nous « place » quelque part, ce n'est pas seulement pour nous, mais aussi pour les autres... Pour ce que nous y acquérons et pour ce que nous avons à donner.

La population vieillit. C'est rendu que chaque fois que je vais aux Îles, j'accompagne non seulement mon père mais aussi, comme ce matin, des proches ou des amies dans le deuil. Celle, justement, qui m'avait fait réfléchir sans le savoir, sur le sens de mon amitié. Où étais-je lorsque son frère s'est enlevé la vie ? Probablement embourbée dans mes études à Québec. Et quand sa mère est partie ? Je ne sais plus. Mais là, la Vie m'a donné une autre chance de l'accompagner.

J'ai affronté la fatigue d'une nuit sans assez de sommeil, une tempête de vent et une envie presque irrésistible de rester à la maison... J'avais les meilleures « déblâmes » du monde, mon père a passé une mauvaise nuit. J'avais été au salon funéraire la veille. On a amené cette amie dîner cette semaine. Elle était déjà très réconfortée et m'aurait bien comprise.

En plus je croyais bien ne pas avoir le temps puisque je suis allée ce matin avec soeurette et beau-frère chercher le sapin de Noël que vend un organisme juste cette fin de semaine. Le plus tôt est le mieux pour en avoir un à notre goût. On a même été virer à la boulangerie. Mais... on dirait que le temps s'est ralenti. On est passé devant l'église où les gens se rendaient justement. Finalement, j'ai assisté à la messe.

J'ai accompagné marraine qui s'y est rendue aussi... et à la fin, tout comme une autre amie aux funérailles de ma mère, je me suis déplacée à la sortie de l'église pour que du cortège, elle me voit, mon sourire, mon bisou. Gros câlin.

Et dans ses yeux logeaient toute la reconnaissance du monde et le baume de l'amitié.


When you're weary, feeling small
When tears are in your eyes, I'll dry them all (all)
I'm on your side, oh, when times get rough
And friends just can't be found
Like a bridge over troubled water
I will lay me down
Like a bridge over troubled water
I will lay me down
When you're down and out
When you're on the street
When evening falls so hard
I will comfort you (ooo)
I'll take your part, oh, when darkness comes
And pain is all around
Like a bridge over troubled water
I will lay me down
Like a bridge over troubled water
I will lay me down
Sail on silver girl
Sail



mercredi 20 novembre 2019

T'aurais dû faire une soeur

Papa m'appelle, couché dans son lit... Bon, qu'est-ce qu'il y a ?...  « J'peux pas dormir! ». Il a l'air d'un enfant. Ses acouphènes le tourmentent. Il n'est pas en air d'écouter son IPod que neveu a rempli de chansons pour lui. « Trop bruyant» me répond-il... en cette fin de soirée.

Je me revois à six ans, pas capable de dormir. Il est tard. Je stresse car c'est l'école demain. Les autres dorment, sauf papa et maman au salon.  Je ne me souviens plus ce que ma mère m'a répondu. Même s'il n'a rien de spécial à son horaire, mon père angoisse... Je lui dis, inspirée : « Récite une prière... le Notre-Père ». Il ne se souvient plus. C'est dur d'être confrontée à l'oubli...

Je le regarde dans les yeux et commence à le réciter. Les mots lui reviennent, trébuchant, mais de plus en plus assurés. Sa mémoire ancienne prend la relève. Il sourit. La paix s'installe petit à petit.

Je récite ensuite, et il me suit, le Gloire au Père... puis le Je vous salue Marie... et enfin celle du Sacré Coeur de Jésus. Il est calmé, heureux.

« T'aurais dû faire une soeur! ».

Et j'ai pensé : « Pourquoi confiner les prières aux religieux ? Pourquoi ce qui était si naturel il y a cinquante ans, est-il devenu si rare? », en apparence à tout le moins ?

Mon père s'est endormi... confiant. 


vendredi 15 novembre 2019

La foi des autres 2

Le pape François souhaite de plus en plus établir des ponts avec les autres grandes religions. Moi, je n'ai qu'à regarder la foi des autres.  Chaque être sincèrement spirituel, profondément connecté à Dieu, me touche au fond du coeur. Non pas les fanatiques religieux, quels qu'ils soient. Non pas ceux qui sont plus attachés aux rituels qu'à ceux qui les entourent...

Tous ces chemins qui mènent à Dieu. Un ressenti difficile à expliquer. Comme le cordon d'amour qui unit un enfant à ses parents, envers et contre tout. Qui nous aide à grandir, qu'on le veuille ou non. Parce qu'on est là pour ça. Qui nous aide concrètement, aussi étonnant que cela puisse paraître.

Mais aussi cette foi si subtile... juste sous la surface d'une carapace... un petit feu qui couve... ça aussi c'est beau. Comme ces graines enfouies dans des terres arides... petite vie qu'on ne soupçonne pas... qui éclot toutes joyeuses à la saison des pluies.

Autant de petites lumières sur terre. 

  




mercredi 13 novembre 2019

La foi des autres

Dans le métro pour rentrer chez moi après une journée de travail. Les portes s'ouvrent à une station et laissent entrer un monsieur âgé et une jeune fille. Ils ont le teint mât. J'ai le sentiment qu'ils sont ensembles, un grand-père et sa petite fille, deux amérindiens ?

Pourtant, ils ne s'assoient pas côte-à-côte, malgré la place libre. J'entends le monsieur marmonner continuellement. Il tient dans ses mains... une corde avec des nœuds... ce qui ressemble au chapelet. Je crois bien qu'il prie.  Il est « ailleurs »... au fond de lui. Peu importe les gens qui l'entourent.

Je  lui jette des regards furtifs ainsi qu'à la jeune fille qui semble gênée de cette scène. Je suis tentée de m'assoir près d'elle, de lui demander si mon intuition s'avère. Et si c'est le cas, surtout, de lui dire que c'est un homme béni d'avoir tant de foi, d'être si pieux, quel que soit le lieu. C'est si rare et si beau.

Mais je me retiens.


dimanche 3 novembre 2019

La foi de mon père 3... mouais...

... Mais je dois ajouter cette anecdote :

Lorsque mon père est allé dans un centre pour personnes âgées, très éloigné de la maison familiale... il s'est pieusement remis à réciter le chapelet tous les soirs avec ses congénères... Je le trouvais très bon jusqu'à ce que je sache qu'il priait... pour revenir à la maison!