Lors de mon voyage sur la Côte-Nord, au monastère de Charlevoix, Père John me demande : «Où vas-tu ?».... Dans une intuition, je lui réponds: «Vers moi».
samedi 16 juin 2018
Des nouvelles de Jack... suite... et...
L'atmosphère du souper est joyeuse. C'est une fête à la vie. C'est aussi la beauté de tous ces amis rassemblés. Des amitié du travail, pour la plupart.
Cette belle journée de printemps se termine sur une autre surprise... et toute une!
Les entrées du repas terminées, un monsieur sérieux et solennel, fait son entrer. Il demande le silence... pour que nous puissions assister... au mariage de Jack et sa tendre moitié.
Touchés.
Profondément.
En plein cœur.
Nous avons été invités à notre insu, pour nous remercier et pour assister à ce moment unique. Pas de cadeaux, juste nous et l'amitié que nous leur portons.
Et dans ce monde tellement bousculé, nous assistons au miracle de l'amour.
Il a soutenu, tenu bon, dans ces terribles moments... comme dans les bons... depuis 25 ans!
Et c'est devant le groupe très ému, tant ces grands hommes que leurs conjointes, qu'ils se sont engagés pour le reste de leur vie...
mercredi 13 juin 2018
Des nouvelles de Jack .. suite ...
Mes livres d'humour de Garfeild... et le bon coup de main de mon conjoint ont été appréciés. Nos visites surtout. Le soutien de tous. L'amitié et les belles énergies positives...
Et surtout, je crois bien, les prières des Sœurs de la Providence!
L'une d'elles, et non la moindre, Sœur Fernande, est présente. Elle a 90 ans, en parait au moins dix de moins. Souriante, aimante. Elle est heureuse de voir ainsi son beau protégé. Lorsqu'elle a su que leur employée a causé l'accident, Sœur Fernande s'est empressée de savoir qui, à l'urgence.
Elle l'a adopté dans son cœur et enjoint sa communauté a prier pour lui. Même leur succursale du Chili! Elles ont dit à Jack qu'il « n'aurait pas de séquelles ». Faut-il avoir la foi et une montagne de prières pour que, seulement quelques mois plus tard, il soit là, debout devant nous ?
mardi 12 juin 2018
Des nouvelles de Jack...
La dernière fois que j'ai vu Jack, après son grave accident de moto, cet automne, il était en chaise roulante au centre de réadaptation. J'ai su plus tard, qu'il avait une marchette.
Nous sommes invités à un souper de reconnaissance de sa part et de sa compagne. Je me sens comme dans une téléréalité où on voit le résultat après plusieurs mois d'efforts... Si tout a bien été, il doit bien avoir une canne maintenant...
Nous arrivons au resto. Ce sont tous leurs amis, cette « parenté du cœur »... et leurs parents qui sont invités. Wow... et devant nous... Jack est debout, sur ses deux jambes, sans appui, rayonnant. La femme de sa vie à ses côtés. Tous deux beaux, recto verso.
Je l'étreins en lui soufflant : « Haaa toi! mon beau miracle sur pattes ! ».
Nous sommes invités à un souper de reconnaissance de sa part et de sa compagne. Je me sens comme dans une téléréalité où on voit le résultat après plusieurs mois d'efforts... Si tout a bien été, il doit bien avoir une canne maintenant...
Nous arrivons au resto. Ce sont tous leurs amis, cette « parenté du cœur »... et leurs parents qui sont invités. Wow... et devant nous... Jack est debout, sur ses deux jambes, sans appui, rayonnant. La femme de sa vie à ses côtés. Tous deux beaux, recto verso.
Je l'étreins en lui soufflant : « Haaa toi! mon beau miracle sur pattes ! ».
dimanche 10 juin 2018
Oups
La messe de Tantounette se passe bien... et tout à coup, à la consécration du pain et du vin, je me dit « oups » dans ma tête. Lorsque j'ai offert aux enfants de servir la messe de leur grand-mère, et qu'ils ont accepté d'emblée sous le regard fier de leurs parents, j'avais oublié que l'un d'eux n'est pas baptisé. Techniquement, il n'a jamais communié. Que fera-t-il lorsque le prêtre s'avancera ? Malaise.
Le pire, c'est que c'est à cause d'une chicane de famille justement à propos du baptême qu'il n'a pas eu lieu. Mais je me rappelle avoir dit à « mémé » : « Ben là! Le baptême c'est faire entrer Jésus dans nos vies... Pour nous apprendre à aimer. C'est justement pas pour les chicanes... ».
Le jeune n'a tout simplement pas communié... dignement.
La religion a ceci de particulier, et je crois bien que ce n'est pas seulement dans les rituels catholiques, que l'emphase est mis parfois plus sur la tradition que sur le message...
Comme ce vieux prêtre qui, dernièrement, nous a chicané sur le fait soit disant qu'il nous faut avaler l'hostie devant lui... et ben, c'est la première fois que je l'entends celle-là. Il y a pourtant autant de coutumes que de communautés : l'hostie est déposée directement sur la langue, on se met à genoux, debout, on ne communie qu'au prêtre et pas aux assistants, etc. Aux Îles, y a parfois tant de monde que tous les aides à la communion sont les bienvenus, en avant, en arrière, dans le jubé (à la mezzanine), etc. La messe du pêcheur n'en finirait plus !...
Et de ce décorum imparfait, émane le substrat divin de l'amour. Et ce qui reste de cet événement, où sont rassemblées différents niveaux de spiritualité, différentes coutumes, est la Parole divine qui s'inscrit dans nos cœurs.
Le pire, c'est que c'est à cause d'une chicane de famille justement à propos du baptême qu'il n'a pas eu lieu. Mais je me rappelle avoir dit à « mémé » : « Ben là! Le baptême c'est faire entrer Jésus dans nos vies... Pour nous apprendre à aimer. C'est justement pas pour les chicanes... ».
Le jeune n'a tout simplement pas communié... dignement.
La religion a ceci de particulier, et je crois bien que ce n'est pas seulement dans les rituels catholiques, que l'emphase est mis parfois plus sur la tradition que sur le message...
Comme ce vieux prêtre qui, dernièrement, nous a chicané sur le fait soit disant qu'il nous faut avaler l'hostie devant lui... et ben, c'est la première fois que je l'entends celle-là. Il y a pourtant autant de coutumes que de communautés : l'hostie est déposée directement sur la langue, on se met à genoux, debout, on ne communie qu'au prêtre et pas aux assistants, etc. Aux Îles, y a parfois tant de monde que tous les aides à la communion sont les bienvenus, en avant, en arrière, dans le jubé (à la mezzanine), etc. La messe du pêcheur n'en finirait plus !...
Et de ce décorum imparfait, émane le substrat divin de l'amour. Et ce qui reste de cet événement, où sont rassemblées différents niveaux de spiritualité, différentes coutumes, est la Parole divine qui s'inscrit dans nos cœurs.
mardi 5 juin 2018
En toute situation ?
Dernièrement, y a quelques situations qui parfois m'ont laissé un peu pantois. Je ne parle pas des actualités, j'y reviendrai. Mais de petits moments qui frôleraient la comédie si le contexte s'y prêtait...
L'amour universel est comme un feu follet. Il part, il vient. On l'échappe par impatience. On le perd dans la colère. On le retrouve l'instant d'après. On le reperd par jalousie ou par rancune. Et hop! On r'commence.
... et les rôles sont parfois inversés.
Comme aux funérailles de Tantounette. Cousine ayant la tête chavirée entre ses émotions et ses devoirs, et pas très à l'aise avec une cérémonie d'église, j'ai fait le lien avec le prêtre. Pas évident non plus de savoir que celui-ci ne travaille pas le vendredi. Bref, ils ne se sont pas parlé du tout. Le prêtre est arrivé « fru », à l'église, le pas pressé, à l'heure pile de la messe. Ce sont ses « helper » qui nous ont accueilli. L'un d'eux en était d'ailleurs gêné... et n'a pas trop « couvert son boss ».
La cérémonie est belle toutefois. Les petits-enfants, trois grands ados, acceptent spontanément de servir la messe... qu'ils connaissent très peu... et le font avec sérieux et beauté. Cousine est digne et recueillie. Cousin tatoué, contre toute attente, accepte de lire la première lecture, le très beau texte de Saint Paul : « J'aurais beau parler toutes les langues de la terre, s'il me manque l'amour, je ne suis rien... ».
Les paroles du prêtre sont touchantes. Puis, comme une plogue qu'on déplogue, il est reparti presque en courant... Bon, on peut juger tant qu'on ne sait pas qu'il avait trois funérailles ce jour-là. Pas facile la job de prêtre en ce nouveau millénaire. Et c'est cousine qui me la rappelé. Elle qui a pris tout son courage pour offrir à sa mère, ce dernier adieu catholique à son monde montréalais.
Et gros bras en moto est venu de loin soutenir cousin tatoué dans ce lieu qu'il ne devait pas visiter bien souvent... toutes églises confondues.
Et bien sûr, parents, amis et collègues.
Le tout se termine dans un café, l'urne (qui reviendra aux Îles) sur le piano, cousine qui joue pour sa mère et pour nous.
Exactement comme Tantounette l'aurait aimé... ou l'a apprécié de sa subtile présence, je crois bien.
Ce sont des bouffées d'amour et d'amitié qu'il fait bon ressentir, comme autant de petits nuages d'énergie pour tourner cette page de vie d'une personne tant aimée.
L'amour universel est comme un feu follet. Il part, il vient. On l'échappe par impatience. On le perd dans la colère. On le retrouve l'instant d'après. On le reperd par jalousie ou par rancune. Et hop! On r'commence.
... et les rôles sont parfois inversés.
Comme aux funérailles de Tantounette. Cousine ayant la tête chavirée entre ses émotions et ses devoirs, et pas très à l'aise avec une cérémonie d'église, j'ai fait le lien avec le prêtre. Pas évident non plus de savoir que celui-ci ne travaille pas le vendredi. Bref, ils ne se sont pas parlé du tout. Le prêtre est arrivé « fru », à l'église, le pas pressé, à l'heure pile de la messe. Ce sont ses « helper » qui nous ont accueilli. L'un d'eux en était d'ailleurs gêné... et n'a pas trop « couvert son boss ».
La cérémonie est belle toutefois. Les petits-enfants, trois grands ados, acceptent spontanément de servir la messe... qu'ils connaissent très peu... et le font avec sérieux et beauté. Cousine est digne et recueillie. Cousin tatoué, contre toute attente, accepte de lire la première lecture, le très beau texte de Saint Paul : « J'aurais beau parler toutes les langues de la terre, s'il me manque l'amour, je ne suis rien... ».
Les paroles du prêtre sont touchantes. Puis, comme une plogue qu'on déplogue, il est reparti presque en courant... Bon, on peut juger tant qu'on ne sait pas qu'il avait trois funérailles ce jour-là. Pas facile la job de prêtre en ce nouveau millénaire. Et c'est cousine qui me la rappelé. Elle qui a pris tout son courage pour offrir à sa mère, ce dernier adieu catholique à son monde montréalais.
Et gros bras en moto est venu de loin soutenir cousin tatoué dans ce lieu qu'il ne devait pas visiter bien souvent... toutes églises confondues.
Et bien sûr, parents, amis et collègues.
Le tout se termine dans un café, l'urne (qui reviendra aux Îles) sur le piano, cousine qui joue pour sa mère et pour nous.
Exactement comme Tantounette l'aurait aimé... ou l'a apprécié de sa subtile présence, je crois bien.
Ce sont des bouffées d'amour et d'amitié qu'il fait bon ressentir, comme autant de petits nuages d'énergie pour tourner cette page de vie d'une personne tant aimée.
lundi 4 juin 2018
Vous me direz...
« Ben voyons donc, Carmen, l'amour existe en dehors de Jésus. L'amour fait partie de l'humanité depuis la nuit des temps. Il a tissé des couples, des communautés, des tribus. Dans toutes les religions... et dans pas de religion du tout. »
C'est vrai.
C'est ce qui nous a tenu ensemble. Qui nous a fait traverser des millénaires je crois bien. Pas juste la cueillette de petits fruits en société... ou la chasse au mammouth. Une jeune australopithèque devait rougir devant un bel australopithèque... Une mère bédouine aime autant son enfant qu'une mère québécoise. Et heureusement! Car bien que répandue, les paroles de Jésus, dans leur sens le plus senti, ne sont pas connues de tous.
Mais je crois que l'amour sans Dieu est bien fragile. Il est somme toute assez malmené par bout. Et Jésus est venu nous « grounder » à Dieu. Nous connecter... dans toutes situations...
C'est vrai.
C'est ce qui nous a tenu ensemble. Qui nous a fait traverser des millénaires je crois bien. Pas juste la cueillette de petits fruits en société... ou la chasse au mammouth. Une jeune australopithèque devait rougir devant un bel australopithèque... Une mère bédouine aime autant son enfant qu'une mère québécoise. Et heureusement! Car bien que répandue, les paroles de Jésus, dans leur sens le plus senti, ne sont pas connues de tous.
Mais je crois que l'amour sans Dieu est bien fragile. Il est somme toute assez malmené par bout. Et Jésus est venu nous « grounder » à Dieu. Nous connecter... dans toutes situations...
dimanche 27 mai 2018
... et l'homélie
Un fleuve de beauté, ce que le prêtre dit, tout en douceur, à la suite de cette lecture :
« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé. ». Ce matin, ce n'est pas quelque chose qu'on entend pour la toute première fois. Pour nous, c'est du connu ce commandement de l'amour. Et peut-être on est tellement habitué à l'entendre, que bien souvent, on y porte plus attention. Et pourtant, c'est cet amour vécu à la manière de Dieu qui nous caractérise comme chrétiens. Et il n'y que ça qui peut vraiment nous différencier des autres à première vue. Parce qu'on ne peut pas être chrétien si on ignore l'amour à la manière de Dieu. Vous savez, depuis le jour de notre baptême, depuis le jour où nous avons été choisi, par Dieu, parce que « ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisi ». Depuis ce jour où l'esprit du Christ est venu nous envaillir de l'intérieur... plus ou moins conscients ou non, nous sommes tous engagés dans une sorte de relais de l'amour. Et un relais de l'amour qui trouve son point de départ dans le Père. « Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimé.» Un amour qui se transmet. Un amour qui trouve son point de retour toujours dans la personne du Père. « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour. Comme moi j'ai gardé les commandements de mon père et je demeure dans son amour. »
Mais comment se fait-il alors, qu'on ne soit pas plus avancé sur ce chemin de l'amour mutuel, sur ce chemin de l'amour entre nous ? Comment se fait-il que ce soit si difficile d'aimer ? C'est peut-être qu'on a pas éprouvé au plus profond de nous-mêmes cette première disposition à mettre en place pour aimer le Christ. Et cette première disposition, il me semble, c'est d'être conscient, que tous et toutes, chacun et chacune d'entre nous, nous sommes dans une relation toute particulière avec lui. Nous sommes ses amis, les amis de Jésus. « Je ne vous appelle plus « serviteur », car le serviteur ignore ce que fait le maître. Je vous appelle « mes amis ». Car tout ce que j'ai entendu de mon père, je vous l'ai fait connaître. »
Vous savez, c'est ce lien d'amitié dont il faut être conscient en tout premier lieu, pour se lancer, à chaque jour, dans ce défi de l'amour. Et cette amitié avec le Christ, je dirais, c'est ce trésor de connivence partageable avec lui seul. Parce qu'il y a toujours en nous une part sacrée qui ne se dévoile qu'à Dieu. Et quand on est conscient que cette amitié avec le Christ ne peut pas nous laisser indifférent, naturellement, on est porté à l'ouverture aux autres. Et naturellement se crée en nous comme une capacité d'écoute. Se crée aussi en nous, comme un courage de dire la dure vérité à ceux et celles qu'on estime, qu'on aime. Comme aussi de se l'entendre dire. Et naturellement, nait en nous, ce goût de se donner. « Il n'y a pas de plus grand amour, que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. » J'pense que c'est comme cela qu'on fait des pas, de petits pas, dans l'amour. Que c'est comme cela qu'on devient peu à peu capables d'aimer à sa manière à lui. Même quand c'est difficile.
Vous savez, l'amour qui nous est demandé, les uns pour les autres, et les uns envers les autres, dans le fond ce n'est que la reproduction dans notre vie, de l'amour que Jésus a eu pour les siens. Pour ces hommes, pour ces femmes, pour ces enfants qui se sont approchés de lui. Mais pour reproduire, et bien il faut le connaître. Il faut connaître Jésus. Il faut le connaître, dans ses gestes, dans ses paroles, dans son implication sociale, dans les moindres traits de sa personnalité et de chercher, bien simplement, à faire comme lui. Et c'est possible.
Au lieu de regarder et s'attarder aux nouvelles bouleversantes et dramatiques qu'on nous propose en boucle, savoir regarder autour de nous tout ce qui se fait sans bruit mais qui se fait efficacement. Prenez, par exemple, les nombreuses visites aux personnes qui sont en situation de solitude. Prenez tout ce qui se fait par rapport à l'accompagnement des personnes qui dans notre société, sont plus fragiles que les autres. Faites le décompte, dans nos paroisses, de toutes ces personnes qui sont impliquées dans le service de la charité et du partage. Faites le calcul de toutes ces personnes qui viennent à la messe à chaque jour. De ces priants, qui bien souvent, sans qu'on le sache, offrent et intercèdent. Prenez aussi la générosité discrète de plusieurs parmi nous. Ce sont tous des hommes et des femmes ordinaires. Et j'ajouterais aussi des enfants parce qu'il y en a de tellement beaux. Ce sont tous des gens qui connaissent Jésus. Qui le connaissent tellement qu'ils en arrivent à aimer à sa manière. À penser comme lui en faisant le bien. Des hommes et des femmes qui, comme disait l'Abbé Pierre, le célèbre prêtre français « Faire de façon extraordinaire, les choses ordinaires. Sans bruit, sans éclat, mais efficacement, et petit à petit. »
Cet amour, sans mesure, c'est un amour qui est possible pour chacun et chacune de nous. Si on s'en donne cependant, le moindrement la peine. Et les fruits de solidarité, les fruits d'engagement, les fruits d'aide, les fruits qui abaissent les différences entre les hommes, et bien ces fruits paraissent et ils sont beaux. Cherchons donc, encore ce matin, à accueillir ce commandement de l'amour. À accueillir ce que le Seigneur lui-même dépose en nous encore ce matin dans cette eucharistie qui nous rassemble.
C'est possible d'aimer. Simplement s'engager les uns envers les autres; nous souvenant que chaque personne vaut la peine. Nous souvenant que chaque personne contient Dieu. Simplement, approfondir notre relation, notre amitié avec Jésus, avec le Christ, pour que tout ce que nous demandons au Père, en son nom, nous soit donné. Voilà ce que je nous commande, c'est de nous aimez les uns les autres. Oui, bien aimés, aimons-nous, les uns les autres, puisque l'amour vient de Dieu... puisque l'amour est Dieu. »
« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé. ». Ce matin, ce n'est pas quelque chose qu'on entend pour la toute première fois. Pour nous, c'est du connu ce commandement de l'amour. Et peut-être on est tellement habitué à l'entendre, que bien souvent, on y porte plus attention. Et pourtant, c'est cet amour vécu à la manière de Dieu qui nous caractérise comme chrétiens. Et il n'y que ça qui peut vraiment nous différencier des autres à première vue. Parce qu'on ne peut pas être chrétien si on ignore l'amour à la manière de Dieu. Vous savez, depuis le jour de notre baptême, depuis le jour où nous avons été choisi, par Dieu, parce que « ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisi ». Depuis ce jour où l'esprit du Christ est venu nous envaillir de l'intérieur... plus ou moins conscients ou non, nous sommes tous engagés dans une sorte de relais de l'amour. Et un relais de l'amour qui trouve son point de départ dans le Père. « Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimé.» Un amour qui se transmet. Un amour qui trouve son point de retour toujours dans la personne du Père. « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour. Comme moi j'ai gardé les commandements de mon père et je demeure dans son amour. »
Mais comment se fait-il alors, qu'on ne soit pas plus avancé sur ce chemin de l'amour mutuel, sur ce chemin de l'amour entre nous ? Comment se fait-il que ce soit si difficile d'aimer ? C'est peut-être qu'on a pas éprouvé au plus profond de nous-mêmes cette première disposition à mettre en place pour aimer le Christ. Et cette première disposition, il me semble, c'est d'être conscient, que tous et toutes, chacun et chacune d'entre nous, nous sommes dans une relation toute particulière avec lui. Nous sommes ses amis, les amis de Jésus. « Je ne vous appelle plus « serviteur », car le serviteur ignore ce que fait le maître. Je vous appelle « mes amis ». Car tout ce que j'ai entendu de mon père, je vous l'ai fait connaître. »
Vous savez, c'est ce lien d'amitié dont il faut être conscient en tout premier lieu, pour se lancer, à chaque jour, dans ce défi de l'amour. Et cette amitié avec le Christ, je dirais, c'est ce trésor de connivence partageable avec lui seul. Parce qu'il y a toujours en nous une part sacrée qui ne se dévoile qu'à Dieu. Et quand on est conscient que cette amitié avec le Christ ne peut pas nous laisser indifférent, naturellement, on est porté à l'ouverture aux autres. Et naturellement se crée en nous comme une capacité d'écoute. Se crée aussi en nous, comme un courage de dire la dure vérité à ceux et celles qu'on estime, qu'on aime. Comme aussi de se l'entendre dire. Et naturellement, nait en nous, ce goût de se donner. « Il n'y a pas de plus grand amour, que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. » J'pense que c'est comme cela qu'on fait des pas, de petits pas, dans l'amour. Que c'est comme cela qu'on devient peu à peu capables d'aimer à sa manière à lui. Même quand c'est difficile.
Vous savez, l'amour qui nous est demandé, les uns pour les autres, et les uns envers les autres, dans le fond ce n'est que la reproduction dans notre vie, de l'amour que Jésus a eu pour les siens. Pour ces hommes, pour ces femmes, pour ces enfants qui se sont approchés de lui. Mais pour reproduire, et bien il faut le connaître. Il faut connaître Jésus. Il faut le connaître, dans ses gestes, dans ses paroles, dans son implication sociale, dans les moindres traits de sa personnalité et de chercher, bien simplement, à faire comme lui. Et c'est possible.
Au lieu de regarder et s'attarder aux nouvelles bouleversantes et dramatiques qu'on nous propose en boucle, savoir regarder autour de nous tout ce qui se fait sans bruit mais qui se fait efficacement. Prenez, par exemple, les nombreuses visites aux personnes qui sont en situation de solitude. Prenez tout ce qui se fait par rapport à l'accompagnement des personnes qui dans notre société, sont plus fragiles que les autres. Faites le décompte, dans nos paroisses, de toutes ces personnes qui sont impliquées dans le service de la charité et du partage. Faites le calcul de toutes ces personnes qui viennent à la messe à chaque jour. De ces priants, qui bien souvent, sans qu'on le sache, offrent et intercèdent. Prenez aussi la générosité discrète de plusieurs parmi nous. Ce sont tous des hommes et des femmes ordinaires. Et j'ajouterais aussi des enfants parce qu'il y en a de tellement beaux. Ce sont tous des gens qui connaissent Jésus. Qui le connaissent tellement qu'ils en arrivent à aimer à sa manière. À penser comme lui en faisant le bien. Des hommes et des femmes qui, comme disait l'Abbé Pierre, le célèbre prêtre français « Faire de façon extraordinaire, les choses ordinaires. Sans bruit, sans éclat, mais efficacement, et petit à petit. »
Cet amour, sans mesure, c'est un amour qui est possible pour chacun et chacune de nous. Si on s'en donne cependant, le moindrement la peine. Et les fruits de solidarité, les fruits d'engagement, les fruits d'aide, les fruits qui abaissent les différences entre les hommes, et bien ces fruits paraissent et ils sont beaux. Cherchons donc, encore ce matin, à accueillir ce commandement de l'amour. À accueillir ce que le Seigneur lui-même dépose en nous encore ce matin dans cette eucharistie qui nous rassemble.
C'est possible d'aimer. Simplement s'engager les uns envers les autres; nous souvenant que chaque personne vaut la peine. Nous souvenant que chaque personne contient Dieu. Simplement, approfondir notre relation, notre amitié avec Jésus, avec le Christ, pour que tout ce que nous demandons au Père, en son nom, nous soit donné. Voilà ce que je nous commande, c'est de nous aimez les uns les autres. Oui, bien aimés, aimons-nous, les uns les autres, puisque l'amour vient de Dieu... puisque l'amour est Dieu. »
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