Mon livre de chevet : Prisonnière à Téhéran de Marina Nemat. En fait, je l'ai apporté sans être sûre de le lire. Je n'avais pas vraiment envie de me faire parler de violence dans ces beaux jours de vacances. Intriguée, je l'ai ouvert... un peu, presque chaque soir.
Marina est une amoureuse de la vie... et des livres. Enfant, elle découvre une petite librairie et se liera d'amitié avec le bon vieux libraire qu'on aurait dit sorti d'un conte de Dickens. Elle nous fait découvrir la beauté de son coin de pays et la joies d'un bonheur tout simple... jusqu'à la montée de l'extrémisme religieux. À l'adolescence son monde son monde s'écroule.
Prisonnière politique à 16 ans, Nemat a survécu à deux ans de prison à Evin. Dans ce même lieu où, notamment, la journaliste Zarha Kazemi a été torturée jusqu'à en mourir... et où une ex-professeure de l'université Concordia de Montréal est actuellement emprisonnée.
J'ai déjà lu quelques livres de femmes, d'une enfant même, prises au piège de lois archaïques, de coutumes ancestrales brimant les femmes, accordant le droit à des pédophiles de marier des enfants. J'ai même vu une exposition à Montréal, de photos de jeunes filles mariées dès l'âge de 9 ou 10 ans à des hommes d'un certain âge. J'intègre celles-ci maintenant dans mes prières.
Mais ce livre de Nemat à ceci de différent : cette jeune fille est chrétienne dans un pays musulman. Mariée de force, elle a même dû se convertir à une autre religion. Mais les croyances ne peuvent se changer comme un vêtement si elles sont ancrées profondément.
Elle raconte son histoire dont certains passages m'ont tellement touchée. Comme ses prières à la Vierge Marie qui portent fruits... et cette citation de la Bible à son ami musulman, du psaume 23 de David :
« L'éternel est mon berger. Je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans de verts pâturages. Il me dirige près des eaux paisibles. Il restaure mon âme. Il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de Son nom. Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car Tu es avec moi : Ta houlette et Ton bâton me rassurent. »
Marina Nemat s'en est sortie. Elle vit maintenant au Canada.
Lors de mon voyage sur la Côte-Nord, au monastère de Charlevoix, Père John me demande : «Où vas-tu ?».... Dans une intuition, je lui réponds: «Vers moi».
samedi 25 juin 2016
lundi 20 juin 2016
Le bonheur de la lecture 2
Mon livre du matin, sur la plage : Mân de Kim Thuy. Quelle belle écriture. Quelle humanité. Quelle sensibilité pour décrire différents aspects de l'amour. Je l'ai bien comprise car j'ai souffert aussi de l'amour.
J'ai toujours senti que nous sommes comme la terre. Une terre fertile qui peut porter des fleurs. Ou encore, être « labourée » par les durs moments de la vie : perte d'un être cher, deuil d'un amour impossible, rendez-vous manqués, maladie, et tant d'autres... Ces coups de labour ouvre notre terre et nous rend plus sensibles, plus à l'écoute de nous-mêmes et des autres. Des opportunités aussi pour qui sait y voir le positif, comme tirer le jus du cactus... Et « grâce » à cette douleur des labours en profondeur, cette terre porte plus de fruits.
Thuy en a, à tout le moins, été inspirée pour écrire un très beau livre. J'y ai aussi retrouvé les couleurs du Vietnam que j'ai visité du Nord au Sud. Mes souvenirs et les siens se sont rejoints.
On comprend pourquoi cette auteure rafle tant de prix littéraires. J'ai « économisé » mon livre, n'en lisant qu'une petite partie chaque jour, pendant deux semaines, toujours au soleil.
J'ai toujours senti que nous sommes comme la terre. Une terre fertile qui peut porter des fleurs. Ou encore, être « labourée » par les durs moments de la vie : perte d'un être cher, deuil d'un amour impossible, rendez-vous manqués, maladie, et tant d'autres... Ces coups de labour ouvre notre terre et nous rend plus sensibles, plus à l'écoute de nous-mêmes et des autres. Des opportunités aussi pour qui sait y voir le positif, comme tirer le jus du cactus... Et « grâce » à cette douleur des labours en profondeur, cette terre porte plus de fruits.
Thuy en a, à tout le moins, été inspirée pour écrire un très beau livre. J'y ai aussi retrouvé les couleurs du Vietnam que j'ai visité du Nord au Sud. Mes souvenirs et les siens se sont rejoints.
On comprend pourquoi cette auteure rafle tant de prix littéraires. J'ai « économisé » mon livre, n'en lisant qu'une petite partie chaque jour, pendant deux semaines, toujours au soleil.
mardi 14 juin 2016
Le bonheur de la lecture
J'ai lu de front quatre livres au cours de ce voyage. Une boulimie de lecture après celles obligées pour mon travail et mes cours, alors qu' à la fin de mes journées surchargées, les yeux fatigués d'ordinateur, il ne me restait que quelques neurones pour Garfield... mon « repose-tête ».
Mon livre d'avion : La magie des vies antérieures. C'est l'un des livres qui m'accrochent et me fait oublier que je suis dans les airs... comme les livres de témoignages sur les anges... et désolée pour les puristes catholiques mais je crois en la réincarnation. Ce n'est pas du « Nouvel Âge ». En fait, je crois que nous n'avons effectivement qu'une seule âme mais qu'elle voyage dans le temps et renaît pour développer certains aspects, pour évoluer, pour apprendre à mieux aimer. Comme un diamant qui se fait sculpter pour mieux briller.
Je ne suis pas sûre cependant, qu'on ait toujours le choix de revenir ou non. Peut-être a-t-on une petite ou une grande « poussée dans le dos » pour se rattraper d'un échec quelconque, pour monter les échelons spirituels ou pour accomplir une mission. Qui sait ?
J'avais déjà lu à ce sujet La vie antérieure des enfants. Des témoignages fascinants. À quinze ans, j'avais dit à un très catholique Frère du Sacré-Cœur : « Dans ma prochaine vie, je veux être un Bouddha ». Rien de moins! Surpris, il a sourit et a eu la gentillesse de ne pas relever la remarque. Je ne voulais pas changer de religion, mais je sentais comme une paix juste à penser à ce gros bonhomme souriant assis les jambes croisées.
Des personnes y verront une contradiction avec ma religion catholique. Moi pas. Elle la complète. Elle vient donner du sens en ce qui me concerne à toutes les inégalités de ce monde et à tous les défis que nous devons y relever... et Jésus est venu nous montrer comment faire pour y réussir.
Mon livre d'avion : La magie des vies antérieures. C'est l'un des livres qui m'accrochent et me fait oublier que je suis dans les airs... comme les livres de témoignages sur les anges... et désolée pour les puristes catholiques mais je crois en la réincarnation. Ce n'est pas du « Nouvel Âge ». En fait, je crois que nous n'avons effectivement qu'une seule âme mais qu'elle voyage dans le temps et renaît pour développer certains aspects, pour évoluer, pour apprendre à mieux aimer. Comme un diamant qui se fait sculpter pour mieux briller.
Je ne suis pas sûre cependant, qu'on ait toujours le choix de revenir ou non. Peut-être a-t-on une petite ou une grande « poussée dans le dos » pour se rattraper d'un échec quelconque, pour monter les échelons spirituels ou pour accomplir une mission. Qui sait ?
J'avais déjà lu à ce sujet La vie antérieure des enfants. Des témoignages fascinants. À quinze ans, j'avais dit à un très catholique Frère du Sacré-Cœur : « Dans ma prochaine vie, je veux être un Bouddha ». Rien de moins! Surpris, il a sourit et a eu la gentillesse de ne pas relever la remarque. Je ne voulais pas changer de religion, mais je sentais comme une paix juste à penser à ce gros bonhomme souriant assis les jambes croisées.
Des personnes y verront une contradiction avec ma religion catholique. Moi pas. Elle la complète. Elle vient donner du sens en ce qui me concerne à toutes les inégalités de ce monde et à tous les défis que nous devons y relever... et Jésus est venu nous montrer comment faire pour y réussir.
samedi 4 juin 2016
Des livres SVP
A la fin de la journée, nous terminons la visite par l'une des plus belles plages du coin. Assise sur un banc de bois, j'entame la conversation avec deux dames des États-Unis. C'est l'une d'elles, en fait, qui me fait remarquer que les enfants rencontrés ne sont pas à l'école. Me revient le regard de l'enfant de la maison typique, gênée d'être là elle aussi. Bon, peut-être était-ce son jour d'accueillir les visiteurs ?
Mais j'avais surtout conscience de son éloignement de tout, surtout de toute distraction. J'imaginais alors un bus de lecture. Si seulement elle avait des livres à lire, chez soi. L'importance de la lecture pour s'évader de son univers très beau mais très limité.
Ma mère a lu toute sa vie. Je la revoie couchée sur son côté du lit, sa lumière de chevet allumée. Quelle que soit l'heure à laquelle sa journée finissait, elle prenait le temps de lire. Parfois très tard. Des romans, des biographies, des livres où se comprenait le monde, l'humanité. Pour changer aussi des nombreuses tâches du quotidien. J'y ai pris goût moi aussi. Il m'arrivait souvent de me coucher en travers du lit de mes parents et de lire, tournée vers la lumière de la fenêtre.
À son décès, toutes les bibliothèques de la maison étaient pleines à ras bord. Nous avons élagué l'une du sous-sol car il fallait changer le tapis. Des caisses de romans se sont retrouvées chez ma belle-sœur. Elle-même en a donné à sa parenté, mais aussi à une petite madame d'un certain âge, d'une île éloignée, qui n'avait pas les moyens de s'en acheter. Et j'ai eu un baume au cœur, de savoir qu'un peu de ma mère, de ses livres qu'elle signait de sa main à leur acquisition, achetés avec bonheur au Colisée du livre de Québec, dans les marchés aux puces, dans les librairies, ce qu'elle pouvait donner de mieux aux Îles, servait maintenant à nourrir l'esprit et les émotions, à s'évader de notre géographie très belle... mais limitée aussi.
Mais j'avais surtout conscience de son éloignement de tout, surtout de toute distraction. J'imaginais alors un bus de lecture. Si seulement elle avait des livres à lire, chez soi. L'importance de la lecture pour s'évader de son univers très beau mais très limité.
Ma mère a lu toute sa vie. Je la revoie couchée sur son côté du lit, sa lumière de chevet allumée. Quelle que soit l'heure à laquelle sa journée finissait, elle prenait le temps de lire. Parfois très tard. Des romans, des biographies, des livres où se comprenait le monde, l'humanité. Pour changer aussi des nombreuses tâches du quotidien. J'y ai pris goût moi aussi. Il m'arrivait souvent de me coucher en travers du lit de mes parents et de lire, tournée vers la lumière de la fenêtre.
À son décès, toutes les bibliothèques de la maison étaient pleines à ras bord. Nous avons élagué l'une du sous-sol car il fallait changer le tapis. Des caisses de romans se sont retrouvées chez ma belle-sœur. Elle-même en a donné à sa parenté, mais aussi à une petite madame d'un certain âge, d'une île éloignée, qui n'avait pas les moyens de s'en acheter. Et j'ai eu un baume au cœur, de savoir qu'un peu de ma mère, de ses livres qu'elle signait de sa main à leur acquisition, achetés avec bonheur au Colisée du livre de Québec, dans les marchés aux puces, dans les librairies, ce qu'elle pouvait donner de mieux aux Îles, servait maintenant à nourrir l'esprit et les émotions, à s'évader de notre géographie très belle... mais limitée aussi.
jeudi 2 juin 2016
Une maison typique
Nous prenons un tour en autobus dans les villages environnants, avec une dizaine d'autres personnes. Ça fait du bien de visiter un peu. De voir les paysages, les maisons, les enfants à l'école. Un peu d'équitation à la campagne. Je bredouille en espagnol avec mon guide... et au cheval. Le jeune homme apprécie et m'offre, à la fin, tout souriant, une noix de coco à boire.
Les habitations des villes sont colorées, comme dans mes Îles. J'adore. C'est vivant. On visite des plantations de cacao, café, canne à sucre. Les enfants sont beaux... tiens, ils ne sont pas à l'école ?
Et puis, dans la campagne profonde, on nous amène visiter une maison typique. C'est inclus dans le tour. On y entre. Je suis gênée d'entrer dans l'intimité de cette famille. La maison est petite mais fonctionnelle, avec son salon, la chambre des enfants, celle des parents où... oups... le papa dort. Shuut. On fait le tour à la queue, le, le... Une enfant nous offre une fleur en entrant dans la cuisine... Je la salue... Elle a les yeux tristes. Tiens... elle n'est pas à l'école ? La mère cuisine. Elle semble gênée. De cet embarras qui doit accepter ces intrusions pour vivre. Bien que ce soit intéressant, je ne me sens pas à ma place. En ressortant, j'ai le goût de leur rendre un peu de cette intimité... et... leur offre une prière. Dans mon patois espagnol, je dis à la mère en sortant : « Que Deo benito tu casa y tu familia ». Elle fait un signe de la tête, étonnée... nait un sourire.
En ressortant, nous passons dans une sorte « d'abri Tempo » où le guide nous fait une démonstration de mouture de cacao et la même mama nous vend des produits du terroir : cacao, café, Mama buena, etc. Dans cette île aussi, comme au Vietnam, on s'est regroupé pour vendre à des prix non négociables. C'est bien. Au fond, ce sont des produits « équitables », dont un prix fixe permet un meilleur revenu aux habitants. J'achète de la bonne vanille pour mes crêpes et gâteaux... et me sent enfin plus à l'aise et heureuse de ma visite.
Les habitations des villes sont colorées, comme dans mes Îles. J'adore. C'est vivant. On visite des plantations de cacao, café, canne à sucre. Les enfants sont beaux... tiens, ils ne sont pas à l'école ?
Et puis, dans la campagne profonde, on nous amène visiter une maison typique. C'est inclus dans le tour. On y entre. Je suis gênée d'entrer dans l'intimité de cette famille. La maison est petite mais fonctionnelle, avec son salon, la chambre des enfants, celle des parents où... oups... le papa dort. Shuut. On fait le tour à la queue, le, le... Une enfant nous offre une fleur en entrant dans la cuisine... Je la salue... Elle a les yeux tristes. Tiens... elle n'est pas à l'école ? La mère cuisine. Elle semble gênée. De cet embarras qui doit accepter ces intrusions pour vivre. Bien que ce soit intéressant, je ne me sens pas à ma place. En ressortant, j'ai le goût de leur rendre un peu de cette intimité... et... leur offre une prière. Dans mon patois espagnol, je dis à la mère en sortant : « Que Deo benito tu casa y tu familia ». Elle fait un signe de la tête, étonnée... nait un sourire.
En ressortant, nous passons dans une sorte « d'abri Tempo » où le guide nous fait une démonstration de mouture de cacao et la même mama nous vend des produits du terroir : cacao, café, Mama buena, etc. Dans cette île aussi, comme au Vietnam, on s'est regroupé pour vendre à des prix non négociables. C'est bien. Au fond, ce sont des produits « équitables », dont un prix fixe permet un meilleur revenu aux habitants. J'achète de la bonne vanille pour mes crêpes et gâteaux... et me sent enfin plus à l'aise et heureuse de ma visite.
mercredi 1 juin 2016
Hola
En voyage, certaines personnes semblent muer et laisser une partie ou toute leur intelligence, leur savoir-vivre, leur humanité à la maison. Un peu comme ces pratiquants qui limitent leur moment spirituel à la célébration. Pas tous, non, heureusement.
C'est le cas notamment de ceux qui se payent la « traite » avec des enfants de pays étrangers. Aussi de ceux qui se croient « maître et seigneurs » et regardent de haut ces personnes qui les accueillent. Ou encore qui exploitent la vulnérabilité financière en négociant trop durement l'achat du fruit de leur travail ou quelques souvenirs.
À ce sujet, me revient un autre souvenir du Vietnam, À ce moment, nous sommes dans un mini village, près d'une rizière. Un petit coin de paradis pour nous. Quelques bâtiments, une vache et son veau, des poules en liberté. Des métiers à tisser où travaillent des femmes aux vêtements colorés. Elles tissent de magnifiques foulards qu'elles suspendent à une corde qui ferait rougir d'envie nos cordes-à-linge. Un peu plus haut, une autre corde suspend des courtes-pointes faites à la main, vendues à des prix dérisoires.
L'une des voyageuses de mon groupe se vante alors que, dans un autre voyage, elle a réussi à faire baisser le prix d'une belle couverture tissée à la main de 120 $ à 20 $. Si elle s'attendait que nous applaudissions son exploit... je n'ai pas caché mon dégoût de sa façon de jouer à la touriste qui fait de beaux grands voyage... en abusant les hôtes. On ne m'a pas convaincue non plus sur le risque d'inflation des prix. Surtout lorsque j'ai faiblement négocié le prix de l'une des courtes-pointes dont le prix était 25 $, juste pour le principe, et que j'ai lu toute la misère du monde dans le regard de cette jeune femme vietnamienne. Au Québec, cette couverture aurait valu au moins le triple prix. J'ai payé le prix demandé.
En fait, j'ai eu beaucoup plus de plaisir à communiquer, que dis-je, à bredouiller quelques bribes et signes non verbaux avec ces femmes à qui j'ai acheté des foulards et autres petits cadeaux tissés à la main à 3 $, le prix demandé, que j'en aurais eu à faire baisser les prix. Le temps m'a donné raison puisque, plus au sud, nous avons découvert une coopérative où les prix étaient non négociables. C'est dire qu'on voulait assurer un salaire de base à ces gens.
Je négocie quand je peux. C'est même culturel à certains endroits... Même dans les marchés aux puces. Mais je le sens lorsque j'arrive à une limite acceptable pour les deux. J'aime quand les villageois se respectent et obtiennent un juste prix. Et je ressens ce respect aussi du vendeur lorsqu'il sent que je n'essaie pas d'abuser. Cet échange devient un plaisir en lui-même et ces moments, pour moi... n'ont pas de prix.
C'est le cas notamment de ceux qui se payent la « traite » avec des enfants de pays étrangers. Aussi de ceux qui se croient « maître et seigneurs » et regardent de haut ces personnes qui les accueillent. Ou encore qui exploitent la vulnérabilité financière en négociant trop durement l'achat du fruit de leur travail ou quelques souvenirs.
À ce sujet, me revient un autre souvenir du Vietnam, À ce moment, nous sommes dans un mini village, près d'une rizière. Un petit coin de paradis pour nous. Quelques bâtiments, une vache et son veau, des poules en liberté. Des métiers à tisser où travaillent des femmes aux vêtements colorés. Elles tissent de magnifiques foulards qu'elles suspendent à une corde qui ferait rougir d'envie nos cordes-à-linge. Un peu plus haut, une autre corde suspend des courtes-pointes faites à la main, vendues à des prix dérisoires.
L'une des voyageuses de mon groupe se vante alors que, dans un autre voyage, elle a réussi à faire baisser le prix d'une belle couverture tissée à la main de 120 $ à 20 $. Si elle s'attendait que nous applaudissions son exploit... je n'ai pas caché mon dégoût de sa façon de jouer à la touriste qui fait de beaux grands voyage... en abusant les hôtes. On ne m'a pas convaincue non plus sur le risque d'inflation des prix. Surtout lorsque j'ai faiblement négocié le prix de l'une des courtes-pointes dont le prix était 25 $, juste pour le principe, et que j'ai lu toute la misère du monde dans le regard de cette jeune femme vietnamienne. Au Québec, cette couverture aurait valu au moins le triple prix. J'ai payé le prix demandé.
En fait, j'ai eu beaucoup plus de plaisir à communiquer, que dis-je, à bredouiller quelques bribes et signes non verbaux avec ces femmes à qui j'ai acheté des foulards et autres petits cadeaux tissés à la main à 3 $, le prix demandé, que j'en aurais eu à faire baisser les prix. Le temps m'a donné raison puisque, plus au sud, nous avons découvert une coopérative où les prix étaient non négociables. C'est dire qu'on voulait assurer un salaire de base à ces gens.
Je négocie quand je peux. C'est même culturel à certains endroits... Même dans les marchés aux puces. Mais je le sens lorsque j'arrive à une limite acceptable pour les deux. J'aime quand les villageois se respectent et obtiennent un juste prix. Et je ressens ce respect aussi du vendeur lorsqu'il sent que je n'essaie pas d'abuser. Cet échange devient un plaisir en lui-même et ces moments, pour moi... n'ont pas de prix.
dimanche 29 mai 2016
Repue de grâces
Je suis reconnaissante de pouvoir emprunter un coin de cet endroit du monde, des palmiers, du sable fin, des hirondelles qui sillonnent le ciel, des paons qui agitent leur queue magnifique, des petits pics bois et colibris. Même des minous se promènent, nonchalants.
J'ai repensé à la remarque de mon voisin dans l'avion, comme quoi il dit avoir calculé devoir boire au moins « 29 verres » pour qu'il « rentre dans son argent ». Au cours de ce séjour, j'ai réalisé qu'en fait, des habitués « aux tout-inclus » oublient parfois la valeur de chaque étape et le coût réel de ces forfaits : les heures d'avion impliquent le travail de tout un équipage dans les airs, mais également au sol, à la tour de contrôle, aux bagages, aux douanes, dans chacun des pays visités, sans compter l'achat et l'entretien de ces immenses appareils. L'hôtel de 4 ou 5 étoiles à deux minutes de la plage en « gougounes » est bien mieux situé qu'un Hilton sur le bord d'une autoroute. Toute une armée d'employés s'affairent à nous servir et nettoyer la chambre.
Je dois tout de même, pour bien apprécier, laisser quelques principes à la maison. La nourriture n'est pas toujours égale mais elle est abondante, voire trop, et souvent délicieuse. La surconsommation et le gaspillage sont courants. Et je ne peux empêcher le petit hamster de mon cerveau de trouver des solutions aux surplus alimentaires, de les imaginer étendus sur les champs pierreux comme compost et nourrir enfin les maigres animaux qui y broutent ce qu'ils peuvent... Enfin, j'essaie au moins de ne prendre que ce que je peux manger... et j'ai un sourire gênée devant la serveuse lorsque j'en laisse un peu trop dans mon assiette.
Mais dans mon cœur, presque à chaque repas, je remercie Dieu de cette abondance et qu'elle le soit aussi pour les habitants de cette île.
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