vendredi 17 mai 2019

All you can eat 3

C'est pas parce qu'on a payé, d'ailleurs bien souvent à rabais, qu'on se sert à l'infini dans le garde-manger planétaire et surtout qu'on a le droit de gaspiller. Comme cette image de Frère Toc au début du bon vieux dessin animé de Robin Lafusée de mon enfance... Une bouchée de si, une bouchée de ça... et on jette.

 En tant qu'insulaire, je comprends à quel point toutes les ressources sont précieuses.
Au fond, ça vaut partout où nous sommes... chez nous aussi.

Nous allons si loin pour décrocher de tout. Ça fait un bien extraordinaire. Un oasis. Et l'industrie touristique est vitale pour ces pays. Au fond, comme les touristes qui visitent mes îles à moi.

Anecdote dans un cinéma:

Moi : « Un petit popcorn SVP ».
Le serveur : « Ben, pour 50 cents de plus, vous pouvez en avoir un gros! ».
Moi : « Non merci. » ( même les petits sont déjà assez gros!)
Le serveur : « Vous êtes sûre ? Juste 50 cents! » (lire une offre-à-ne-pas-manquer!)
Moi : « Ben non. C'est que j'en ai pas besoin! »
......

mardi 14 mai 2019

All you can eat 2

Boonn, ok. Je suis encore gourmande... et je sais profiter d'un buffet... mais pas à l'infini.

Par soucis écolo, mais surtout à force d'observer les regards des employés... comment décrire... découragés, voire parfois dégoûtés  de servir les touristes des « tout inclus ». Tel que dans cette petite île du Sud (pas la même) qui doit apporter de l'eau par camion chaque jour dans les hôtels.

Une dame, juste devant moi, jette par terre son fond de verre d'eau et de glace pour s'en prendre un nouveau. L'employée lui tombe dessus! : « Pourquoi vous le jeter ? C'est de l'eau potable! Faut pas la gaspiller!  »

Je n'en reviens pas. Faut-il qu'elle en ait assez ras-le-pompon ?

Mais encore...  La même employée, à un autre moment, alors qu'une personne juste devant moi, demande un morceau de viande alléchant sur le BBQ : « Vous allez le manger ? Y en a déjà plein dans votre assiette!! ».

Elle a craqué.

Trop d'abondance mais surtout d'inconscience. Dieu sait ce que mangent les plus pauvres d'entre eux. Mais aussi, toute l'énergie et l'argent déployés pour élever les animaux sur ces bouts de terre souvent brûlées par le soleil, et pour importer les ressources.

Et l'insulaire en moi l'a bien comprise.

lundi 13 mai 2019

All you can eat

Quand je suis arrivée en ville, dans mes premiers buffets chinois Mangez à volonté, je remplissais mes assiettes avec une butte, pas juste en bonne gourmande... mais comme une affamée! Tellement que les goûts se mêlaient et que ce n'était plus mangeable. On devait presque me rouler comme un tonneau jusqu'à la sortie...

À mon premier Steak House, l'étudiante que j'étais s'est lancée dans le buffet à salade si bien que je n'avais presque plus faim pour mon gros steak de qualité et encore moins pour mon magnifique gâteau Forêt noir.

Mon frère me disait, lorsque j'étais enfant : « Yeux de cochons, ventre de singe! »...
qui signifie : « Les yeux plus gros que la panse! »

J'ai appris.
À prendre ce que j'ai besoin, à terminer mon assiette.

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vendredi 10 mai 2019

Détestable moi

Le pays chaud... est vraiment chaud! Et surtout très sec depuis des mois. J'ai prié pour la pluie... hé oui! Si les autres vacanciers savaient ça!...

Déjà, dans l'autobus nous amenant à l'hôtel, la guide semblait préoccupée par cette sécheresse. Mais aussi, rien qu'à voir la végétation, les chevaux et les vaches maigres, ça en dit long. Doivent se piquer la langue à ruminer ce foin...

Alors, à la sortie de l'eglisia... je dis au chauffeur de taxi dans cette langue universelle qu'est l'anglais : « May be God invited you too... »... « May be », me répond-il en souriant. « May be next time... ».... « May be » répond-il patient.  

Je suis limite pour celle de mon conjoint.

Sur la route, le chauffeur nous présente des lieux en anglais. Et la sécheresse revient sur le carreau. « I've prayed for the rain... May be you should pray you too! »... Là, je sens que j'ai poussé le bouchon du prosélytisme! Surtout lorsqu'on arrive à l'hôtel et qu'il me montre le petit chose avec une croix sur le tableau de bord de l'auto. Un peu à retardement, je retourne lui parler pour lui dire : « Sorry. I'm shure you're a good personn.  » Il me sourit, surpris et content.

Au fond, j'aurais voulu simplement lui dire que plus on est de monde à prier... selon moi, meilleures sont les chances de réussite dans les cas désespérés...  Mais,  je dois ajouter, en y pensant bien, que cet homme nous a attendu patiemment, pendant deux heures, dans la rue ensoleillée, sous une chaleur torride, la messe ayant commencé en retard. Il nous a accueillit en souriant, content d'avoir placé l'auto à la fraîcheur de l'ombre pour nous.

Finalement... c'est un saint homme!

Ha oui, j'oubliais... il a plut au cours de cette semaine... necessito mas, mas...  qui s'est terminée par un orage. Ben tiens!... Et youpi!!

mardi 7 mai 2019

Des rituels universels

Un prêtre jeune et beau (incroyable) nous invite à nous asseoir sur les seules places disponibles...  en avant! Trop d'honneur pour nous... ces places devant être pour la population. Les enfants sont alors invités à s'assoir au pied de l'autel pour laisser de la place aux adultes. Des gens chaleureux. Des « petites sœurs » souriantes habillées en « petites sœurs ». Des hymnes tellement beaux et touchants, chantés par toute l'assistance. Un coup au cœur!

C'est touchant aussi de pouvoir suivre nos rituels catholiques universels. Il semble bien que toutes les messes du monde raisonnent des mêmes mouvements, des mêmes mots d'espoir et d'amour, aux mêmes moments... à peu de choses près. Tout comme les messes en anglais, même en espagnol, je peux suivre assez facilement où nous sommes rendus. Je récite dans mon cœur certains passages en français. Je comprends aussi un mot par-ci, par-là... Jesus ressuscité, la luz (lumière)...  une bénédiction et le tout se termine... par le « Alléluia » de Leonard Cohen, interprété par une enfant. Bien qu'elle a dû le pratiquer depuis des jours, c'est comme si on avait voulu saluer les deux Canadiens que nous sommes...

En avant, derrière l'autel, une statue de Jésus bras grands ouverts, accueillant, comme pour nous dire : « Bienvenue! Je vous attendais! »

C'est pour cela que je « devais » y aller... c'était un rendez-vous!

dimanche 5 mai 2019

La filière catho

J'ai le goût de terminer en beauté ce parcours spirituel. J'ai le goût de célébrer la Pâques. Pas seulement d'en avoir une belle pensée, un verre sur la plage parmi un tas de personnes déconnectées. Mais où trouver une église ?

Vous remarquerez que partout où l'on parle espagnol, vous trouverez de la pratique religieuse. Je demande donc à un membre du personnel de l'hôtel si elle connait une église pas loin. La dame me sourit tout à coup, heureuse de cette nouvelle complicité spirituelle. « La mienne est tout près », me chuchote-elle. « Celle des ouvriers de l'hôtel ». Jésus était un ouvrier lui aussi, un menuisier. ça tombe bien!  Et puis, suit l'imbroglio de mon très approximatif espagnol avec le cocher-taxi, que j'empêtre de mon sabado (samedi) au lieu de domingo (dimanche). Je continue de plus belle avec le portier à qui je demande des précisions et qui me dirige vers SON église « mas grande ». Je vois bien que ce serait un honneur pour l'un ou l'autre d'y assister.

Je cogite sur le dilemme, bien décidée toutefois à m'en trouver une. J'irai seule ou accompagnée, je comprendrai ou pas... mais j'irai! J'obtiens ma « réponse » le dimanche matin... auprès d'un autre portier... la petite église ouvrière est méthodiste. La moyenne est catholique. Alors GO!

MAIS... 25 pesos de taxi plus tard... rendus à l'adorable petit pueblo... l'église est fermée.

Qu'à cela ne tienne! Un autre 5 pesos et on se retrouve dans un autre adorable village aux petites maisons colorées et une troisième église plus grande et absolument charmante au style espagnole. Volets et grandes portes de bois. Remplie à ras bord des membres de trois paroisses (dont celle que nous venons de croiser).

...et des moineaux juchés sur les bords d'un mur intérieur  s'occupent de procréer joyeusement la relève en pépiant à qui mieux-mieux... (tiens... oups).

samedi 4 mai 2019

Le carême : La ligne d'arrivée

J'ai « réussi » mon carême. En fait, je n'ai pas mangé de chocolat. Niaiseux ? Je peux vous dire qu'il y en a partout au moins trois semaines avant Pâques!... et du très bon! Comme si on fêtait Noël pendant l'Avent. Mais j'ai filé droit devant, avec des « oeillères »... comme une force nouvelle pour résister à chaque fois. Et, dites-vous bien que si l'on ne peut résister à de petits défis... comment résister aux grands??

Et puis je n'ai pas écouté la télé pendant le jour. Ce que ça donne du temps!

Et j'ai lu chaque page de mon carnet de pensées du carême... en citant quelques passages dans ces billets. J'ai particulièrement apprécié le texte du samedi Saint qui nous parle de passer « de la tristesse à la joie ».  On nous donne enfin le droit d'être joyeux!...

Faut dire que je suis arrivée à Pâques... les deux pieds dans le sable d'un pays chaud. Bonne raison d'être de bonne humeur!

Et maintenant, comment terminer ce « marathon spirituel » ?


jeudi 2 mai 2019

Ange animal

À écouter sur You Tube... https://www.youtube.com/watch?v=e9rZS5FJnq8


Ange Animal

Ange Animal, Ange Amical
Tu me consoles, tu me désoles
Est-ce que tu sais que tu m'rends fou
Avec ta croix, avec tes clous

Mais oui je sais, tu m'as sauvé
Et puis t'es mort abandonné
Ange Animal, moi je m'affole
Devant tes pleurs, tes paraboles

Quand j'suis cloué sur la misère
Comme sur le pire des calvaires
J'ai comme le goût de te maudire
Mais j'continue à te mentir

À te mentir jusqu'au beau temps
Jusqu'au beau temps des fleurs nouvelles
Jusqu'à l'éclair des nouveau-nés
Jusqu'au soleil ensoleillé

Moi j't'admirais quand j'étais p'tit
Ange Animal, ange mon ami
Est-ce ta faute, est-ce la mienne
Dans l'bras d'la côte, si tout s'déchaîne

Ange Animal, Ange Amical
Je pense à toi quand ça va mal
Tu m'pognes le coeur quand j'suis couché
Ange Animal, vas-tu m'lâcher

Ange Animal, frère d'hôpital
Pourrais-tu m'dire qu'est-ce qu'il faut faire
Après qu'on a plongé ses nerfs
De corps mortel en drame d'âmes

Comment, comment ne pas te dire
Que des soldats de mon espèce
Y'en a à l'est, y'en a à l'ouest
Qui veulent aimer avant de mourir

Est-ce possible d'avoir la paix
Quand ces guerres sales qu'on ne fait pas
On les voit toutes à la télé
Comme si on était en train d'se tuer

Tous ces bulletins d'mauvaises nouvelles
Crachent un bilan tellement cruel
Après les mots, les chiffres tombent
Comme de la terre sur nos tombes

J'espère qu'ailleurs on nous pardonne
On est si seuls contre la nuit
Qui noie nos vies de carnaval
Dans une mer de temps fatal

C'est avec toi que j'marche encore
Du sud au nord jusqu'à l'aurore
T'es ma boussole, t'es ma survie
Ange Animal, ange mon ami
(Paroles : Gilbert Langevin, musique Dan Bigras)