dimanche 26 février 2017

Petit père

Papa, Papie, Papounie...

Grand amoureux de sa femme...

L'histoire d'amour entre mon père et ma mère mériterait d'être racontée. Non qu'elle était parfaite. Lui, brillant self-made-man, pourvoyeur et pas du tout romantique. Un lion (ascendant lion ?). Elle, une femme de tête, brillante, colorée... bélier... (ascendant bélier ?). Bref, deux personnages.

Chaque fois qu'il « prend un coup », mon père repart la bobine de ses souvenirs...

Il visitait son arrière-grand-père remarié à ma grand-mère maternel (un peu compliqué comme histoire généalogique), dans les années 30. Elle avait cinq ans, lui neuf. Il l'emmenait chasser le lapin... qu'elle faisait fuir.

Il l'écoutait au piano. Elle lui jouait avec plaisir ses nouvelles pièces.

Il s'en est allé travailler sur les chantiers de la Côte-Nord, malgré son handicap. Il boitait.

Elle a étudié au Couvent, à Moncton, puis à Québec. Comme infirmière.

La Vie lui a fermé les portes de son rêve, devenir télégraphiste dans la marine. Bien que brillant étudiant... il était presque sourd. Il s'est fait opéré. Mamie a son chevet.

Ils se sont retrouvés aux Îles. Se sont déclaré leur amour, juste devant le terrain de leur future maison et de leur grande famille.

Et j'ai compris que lorsque mon père prend un, deux et trois coups de gin, il repasse le film de cet amour, il le revit dans sa tête et son cœur.

Salut Mamie !... PS

Post Scritum :

Après ses funérailles, le jour de mon départ pour Montréal, je suis allée saluer l'une de mes sœurs. Et à la radio jouait : You were always on my mind...

jeudi 16 février 2017

Salut Mamie !

Trois ans qu'elle est « partie ». Qu'elle nous manque. Petite maman, mamouchka, mamoutie, Mamie.

J'ai passé vite, sous silence, ou plutôt par un mot de Saint-Valentin. Comme pour « embourrer d'amour » ce 24 heures qui sera toujours empreint de tristesse pour nous.

Je suis heureuse, voire privilégiée de croire dans cet au-delà où j'aime l'imaginer flottant dans un espace lumineux, dans l'amour de Dieu. Enfin en paix. Elle qui a tant travaillé, tant sacrifié, et surtout, qui nous a tant aimé.

Elle qui, sans ses enfants, aurait peut-être quitté le nid familial mais, finalement, est restée jusqu'au bout, comme bien des couples de cette magnifique génération qui s'engageait envers et contre tout.... près de 57 ans.

Et après avoir traversé sa vie, en nous disant : « Par bout, je sais pas comment j'ai fait », mais qui l'a fait tout de même... Elle est partie comme elle la souhaité, à la maison, dans le lit conjugal, mon père à ses côtés.  Ce n'était pas prévu. C'est arrivé, tout simplement.

Et quand je prie Dieu, je Lui demande de poser ses mains bénies sur nous, parents et amis d'ici bas... et aussi sur nos parents et amis près de Lui. À commencer par elle, petite Mamie chérie.

mercredi 15 février 2017

Amour et tra, la, la

 Ado, j'écoutais une émission jeunesse qui se déroulait dans une maison de jeunes : « Avec le temps ». Un jour, le beau jeune Normand Gélinas épouse la belle Julie Soleil. Ils se retrouvent dans un hôtel où tout est en forme de cœur : le lit, les décos, etc. Pour finir par en avoir mal au cœur ! et déguerpir pronto.

Mon conjoint n'est pas un grand romantique. En plus, c'est un silencieux. Pour une verbo-motrice, c'est assez embêtant. Bref, il déteste les « mises en scènes » musico-romantico-classico, les cartes       « Haaa mon amour »... etc.

Mais j'ai découvert au Pet shop, de jolies cartes originales, fait main par une artisane locale. Je l'ai offerte à mon chum :

Deux chiens se regardent... et citation de Victor Hugo : Aimer c'est savoir dire je t'aime sans parler.

Et j'ai signé :  Cocotte (notre furette) le sait bien. Moi, je l'apprends.

Touché ! 😊😊

PS J'ai tout de même eu droit à ma rose !...

mardi 14 février 2017

lundi 13 février 2017

Maux d'amour

Demain la Saint Valentin. Cette fête c'est comme Noël... quand on est bien, en amour, en famille, en couple, c'est merveilleux.

Quand on est seul ou mal accompagné, quand tout chavire, c'est « drabe ».

Mon père a perdu son épouse, ma mère, la nuit du 14 au 15 février... encore plus drabe.

Mais elle rayonnait tellement d'amour qu'on dirait que le positif l'emporte... envers et contre tout.

Quand on connaît au moins une personne sur cette terre, sans attente de sa part, on devrait lui dire qu'on l'aime.

Au bureau, à l'école, sa voisine, un vieil ami. Juste pour rayonner un peu. Chacun un petit rond de lumière d'amour autour de soi... me semble que ça éclaire la nuit. Ça éclaire l'hiver. Ça éclaire février. Quel mois pour les continents du nord !

Peut-être pour ça que la Saint Valentin a été inventée. Pas pour se rattraper pour tout ce qu'on fait pas de bien, qu'on ne dit pas pendant 364 jours.... une fleur par jour de manqué...

Mais, comme Noël, qu'on prenne le temps, enfin, de se dire qu'on s'aime. Et pis tant mieux si on radote. Si on l'a déjà dit. Au moins dans les gestes, dans les yeux, dans un câlin. À son chum, à son enfant, à ses parents, ses frères et sœurs, son tinami animal...

Et, tant qu'à faire, lever les yeux au ciel et dire à Dieu et sa gang qu'on les aime...

Et pis...

Que Son Amour nous éclaire tous !

samedi 11 février 2017

Si je croyais...

On prend une bonne bière dans un bar rue Saint-Denis. Moi, mes collègues étudiants, notre directrice, son conjoint. Une bonne bière bien méritée. On discute de choses et d’autres. Ma prof nous dit, sourire aux lèvres, à propos d’un grand projet pour lequel elle demande une grosse subvention : « Haaa, si je « croyais…, je placerais mon chapelet sur la corde à linge ! ». J’aurais le goût de lui répondre « Ben tu perds rien à essayer... », mais je me retiens cette fois. Ma crédibilité de chercheure cartésienne et objective est en jeu… Ce n’est pas le bon moment.

On arrive tout juste de notre rencontre de co-développement. Ces rencontres de soutien entre pairs sont de vrais trésors pour nous maintenir dans notre projet de mémoire de maitrise. Nous sommes privilégiés d’avoir une directrice qui s’engage à fond. Ça fait partie de son travail… mais son engagement est au-delà.

On s'encourage, on témoigne des affres de nos émotions chacun dans notre coin : l'angoisse de la recherche, de l'écriture, du temps, de l'intensité de l'effort, de la nécessaire organisation qui fait défaut, de la procrastination qui montre continuellement le bout de son nez. On se donne des trucs.

Tiens, aujourd’hui je m’en venais en auto. Un petit chapelet d’encouragement. J’ai « demandé » pour moi mais aussi pour mes collègues étudiants, et surtout pour une famille que je sais vivre de grandes difficultés, les bons mots, le bon ton, l’inspiration.

On présente, comme à l’habitude, chacun où on est rendu. Moi, je radote encore sur mon projet. J’ai remis un papier, hier soir. Mais je sens profondément que ça ne va pas. Les autres sont assez bien avancés. Ma directrice se tourne vers moi : « Bon, Carmen, est-ce qu’on peut t’aider aujourd’hui ? »… Oups… Ce sera donc mon tour. Je n’ai rien à dire il me semble. Petit moment de panique intérieur. Et puis, de quelques mots, surgit une autre façon de l’expliquer. « Comment cerner mon objet de recherche ? » (Rien de moins). Au tour de mes collègues de s’exprimer sur ce qu’ils comprennent, de questionner. Nous clarifions. Ensuite, l’un après l’autre, me donne un élément du puzzle. Comme un tableau qui se forme devant moi. Ma prof, elle aussi, ne croyait pas savoir comment me guider… mais après toutes les interventions, elle synthétise au mieux, droit au but.   J’en ai les larmes aux yeux tellement je suis « entendue », tellement les conseils sont perspicaces.

En sortant, je dis à l’une de ces étudiantes : « Je suis croyante et j’ai toujours dit que je peux compter sur mon équipe « d’en bas » et mon équipe « d’en haut »… mais je n’en parlerais pas à ma prof, car pour une chercheuse et une psychologue par-dessus-tout, n’allez pas leur raconter ces histoires ! ». Elle me répond avec le sourire : « En tout cas, aujourd’hui c’était ton équipe « d’en bas! »… et moi, le sourire coquin : « Et qui vous a inspiré ?! »