vendredi 8 mars 2024

Journée des femmes : en rappel


Journée des femmes

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Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus : la communication

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Les hommes viennent de mars, les femmes de Vénus 2 : les tâches

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Sourde et aveugle 2

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Bonne journée des femmes 2024!

 À toutes les femmes et les filles du monde...

À tous leurs conjoints ou en devenir...

Aux fils, pères, frères, grand-pères, cousins, mon-oncles, voisins, collègues, dirigeants... 

Je nous souhaite tous du respect, de la bienveillance, de la reconnaissance, 

pour créer la joie,

pour nourrir l'amour... 

...et sauver ce monde.

jeudi 7 mars 2024

De retour au CHSLD

Je retourne au CHSLD où mon père est demeuré à la fin de sa vie pour offrir aux autres résidents de recevoir Jésus par la communion. Les premières fois, c'était pour dépanner le prêtre qui y dit des messes bénévolement. Son amour pour nos personnes âgées et malades me touche beaucoup, d'autant qu'il nous arrive d'aussi loin que de l'Afrique. 

Comme il fut dans l'impossibilité de s'y rendre pendant plusieurs semaines, notamment pendant ses vacances dans son pays loin, loin, loin, certaines personnes ont eu les larmes aux yeux de nous voir arriver, une collègue et moi. Comme une lampe allumée dans la nuit. Même certains membres du personnel à qui on offre aussi la communion, nous accueillent avec reconnaissance pour ce petit « boost » dans leurs journées difficiles comme lorsqu'ils perdent un pensionnaire.

C'est touchant de constater comment dans ce petit village de quatre étages, ces personnes vulnérables accueillent ce petit moment sacré. Et je les respecte en leur demandant chaque fois si elle le souhaitent. Si certaines sont assidues, d'autres déclinent parfois. Et c'est bien correcte. Je me retire en leur souhaitant une bonne journée. 

Je me sens comme une messagère de Dieu... ou un technicien d'Hydro-Québec qui vient rebrancher des fils... C'est très gratifiant. Mais j'en ressors surtout avec un sentiment de paix moi aussi, heureuse de ces moments de tendresse et de douceur.

C'est aussi une visite pour eux. Un petit bout d'humanité. 

mardi 2 janvier 2024

La clé de l'énigme

Des énigmes en ce monde, il y en a plein : des statues géantes plantées sur une île, la disparition des dinosaures, mais aussi l'organisation extraordinairement complexe de notre monde, de l'infiniment grand à l'infiniment petit, notre petite planète qui flotte au milieu de nulle part, la création du chant d'un oiseau, l'amour, les synchronicités, les miracles, la naissance de Dieu lui-même avant le Big Bang...

Mais moi, il y a une autre question qui me turlupinait depuis longtemps... Comment un bébé né dans une étable, alors que sont nés aussi des millions de bébés sur la Terre à cette époque, qui se retrouve dans un pays occupé par l'immense puissance romaine qui a conquis de nombreux pays par la guerre, bref, cet enfant qui a grandit et passé sa vie à n'avoir pas une « pierre où poser sa tête », sans armes, a pu avoir autant d'influence sur une bonne partie des habitants de la planète? D'abord à cette époque, à commencer par supplanter les diverses divinités romaines et à créer en son sein même, le centre de sa nouvelle religion ?

J'ai trouvé la clé de l'énigme de ce chaînon manquant dans une mini-série documentaire consacrée au grand colisée de Rome bâti au temps de Jésus. Pendant quatre cents ans, ce monument édifié pour faire connaître la puissance et la gloire des empereurs romains, a été le théâtre à la fois du génie humain par sa construction et les défis techniques... mais aussi de sa décadence. Un immense trou noir sur notre Terre qui a englouti des milliers d'animaux sauvages retirés de leurs écosystèmes, affamés, apeurés pour être offerts en spectacle, dévorer des personnes puis massacrés. Et des êtres humains soumis à la folie des hommes, ceux qui les forçaient à se battre... et ceux qui se délectaient du spectacle. Des prisonniers de guerre, des esclaves forcés de devenir gladiateurs, des chrétiens sacrifiés au seul nom de leur foi, des femmes et des enfants. Toutes les limites ont été dépassées dans ces shows d'horreur démesurés sans cesse renouvelés pour susciter l'intérêt et la passion des spectateurs. 

À la dernière émission, j'ai compris que ce gouffre financier mais surtout la conversion aux valeurs chrétiennes dont la bonté, la compassion, l'amour et la foi en un dieu unique, petit à petit avait fait son oeuvre. Et comme un grand « point final », le moine chrétien Télémaque a sauté dans l'arène pour arrêter le combat entre deux gladiateurs. En fallait-il du courage... Il s'y est fait lapider mais ce furent les derniers jeux de Rome. Se sont alors éteints les actes de barbarie et la délectation pour ces spectacles; le coeur n'y était plus.

Le pouvoir des miracles de Jésus Christ lui ont accordé la crédibilité d'un être très spécial, témoignant de sa relation privilégiée avec Dieu son père... notre père. Mais ce sont surtout ses paroles qui ont bouleversé notre manière de voir le monde. Elles apportent l'espoir de la vie après la mort, la liberté de l'esprit, l'égalité des âmes, l'importance et le pouvoir de la prière, de l'engagement, de l'amour, de la foi et du pardon au-delà de tout. Elles demandent d'abandonner les sacrifices mais plutôt de faire la paix en soi et autour de soi. D'aimer son prochain. C'était révolutionnaire à l'époque des grandes conquêtes. Mais c'est encore d'actualité quand on y pense.





dimanche 2 juillet 2023

Madame Denise

Qui a dit que les personnes en pertes cognitives n'ont connaissance de rien ? 

Mon père est au centre depuis quelques mois, très doux, aimant tout le monde, reconnaissant des soins apportés par le personnel. Jasant comme il le peut avec les autres usagers, souriant la plupart du temps. Il est arrivé debout, puis ce fut la marchette, puis la chaise roulante.  Mais, étonnamment, cette dernière lui redonne une forme d'autonomie puisqu'il peut se promener partout. Bien sûr, il rêve de revenir à la maison, mais ce n'est plus possible.

Soeur aînée a pris soin de bien décorer sa chambre avec de beaux tableaux, des portraits, son diplôme, quelques meubles de la maison. Comme si tout son univers était rassemblé dans cette pièce. Tous ceux qu'il a particulièrement aimés. C'est rassurant pour lui... et moins déprimant pour nous. Ce sont aussi des sujets de discussion... et il y a beaucoup d'amour. 

Nous visitons régulièrement notre papa. Et de ce fait, nous connaissons un peu ses co-locataires, pour la plupart eux aussi en pertes cognitives. Nous chantons avec eux. Comme dit Héléna : « C'est du bonheur! ». C'est beau et étonnant de voir que ces personnes qui oublient parfois le nom de leurs parents, se rappellent les paroles des chansons. C'est comme une grande famille... incluant le personnel. 

L'une des voisines de cet étage, petite Madame Denise, aime bien venir dans sa chambre pour le visiter. Mais, dans ce dernier soir de la vie de mon père, elle y entre le regard triste où je lis l'inquiétude. Elle ne comprend pas pourquoi il ne sort plus, pourquoi il est au lit depuis une semaine. Le préposé se prépare à la sortir pour me laisser le veiller tranquille, mais je comprends l'importance de lui laisser aussi un moment avec mon père. Je fais donc signe au préposé que c'est correct et j'invite cette amie à s'assoir. Je n'ai pas connu Madame Denise en dehors de ce centre. Je l'aime bien. Elle est douce et gentille. Triste aussi.  Elle s'est assise un bout de temps. Puis elle a regardé mon père en demandant : « Quand est-ce qui va se lever ? » Enfin, après un moment, elle s'est levée, lourdement, et elle est sortie. 

L'expérience-papa a été difficile bien des fois, mais j'ai tellement appris. J'ai rencontré plein de gens et un univers que je n'aurais pas connu autrement, celui de proche aidant. Mais aussi celui des préposés, du personnel infirmier, des autres résidents et leurs familles. Nous avons chanté et dansé ensemble. Nous avons égrené le temps ensemble. Nous avons aimé les nôtres ensemble.

Les personnes en pertes cognitives ont perdu bien des choses... mais elles connaissent leur bonheur. Il est dans l'amour.

mardi 2 mai 2023

Bye papa

Mon petit papa d'amour nous a quitté l'an dernier. Au moins, Dieu nous l'a laissé longtemps parmi nous. 

Avec la vieillesse, il perdait tranquillement ses fonctions cognitives. Nous l'avons gardé tant que l'on a pu à la maison familiale, mais un jour, il a bien fallu le confier à d'autres.  S'il ne nous reconnaissait pas à chaque fois, il a toujours reconnu et apprécié l'amour de sa famille... et du personnel soignant. Il en était reconnaissant.  Y a-t-il quelque chose de plus rassurant pour un enfant que d'observer les gestes doux et patients du personnel qui prend soin de son parent ? 

Chaque soir nous le visitions, en alternance, et nous l'aidions à réciter ses prières. Celle du petit papier jaune et le Notre Père. Parfois il y intégrait les membres du personnel quand ils se glissaient dans la chambre pour le préparer au dodo. Tout comme à la maison, ce moment calmait beaucoup son anxiété. Et, lui qui a prié toute sa vie durant pour que son « chum Jésus » l'aide à guérir ses acouphènes et ses maux de tête... et bien imaginez-vous donc que le miracle a eu lieu! Peut-être était-ce à cause de ce nouveau bâtiment aseptisé, aux murs plus étanches et moins sensibles aux variations barométriques ? Je ne sais pas. Mais sa dernière année a étonnamment été plus sereine. 

L'épisode de la COVID-19 a fait en sorte que cet homme très croyant et pratiquant ne pouvait plus aller à la chapelle. Alors j'ai pris l'initiative de lui  « apporter Jésus » par la communion. Il en était très heureux. Deux semaines plus tard, il est tombé. Le médecin a d'abord parlé de soins de conforts puis de soins palliatifs. C'est arrivé rapidement, sans qu'on s'y attende vraiment. On l'a accompagné pendant une semaine. 

Dans ces moments-là, je prie pour que « tout se passe bien » dans cette incertitude de chaque jour. On navigue à vue, avec l'intuition du moment. Surtout de celui où on doit commencer à le veiller, la nuit. Deux jours avant qu'il nous quitte, il trouve la force de sortir son bras de sous le drap, et de faire son signe de croix en regardant avec amour et confiance celle que nous avons placée sur le mur. Une petite croix de rameau et un chapelet. 

Et puis nous avons eu droit aussi au miracle que sa soeur, partie à Montréal, qui avait pris son billet de retour quelques semaines plus tôt, est arrivée juste à temps pour le saluer une dernière fois, et le neveu loin, loin, toute la famille et le prêtre.

Aidé aussi par la morphine, il faut le dire, mais surtout par sa foi qui ne l'avait pas lâchée malgré son déclin cognitif, cet homme qui a été anxieux toute sa vie est parti dans une grande sérénité.

Un membre du personnel m'a déjà dit : « Ceux qui sont croyants, nous on le voit chaque fois, ça fait toute la différence quand vient le temps de partir ». 




Le calme après la tempête

D'abord réglons la question de la météo de mon avant dernier billet précédent. Je ne sais pas à combien sont montées les pointes de vent cette fin de semaine-là, mais la maison a tremblé quelque peu au cours de la nuit, comme de grands frissons. 

 J'en suis venue à penser m'acheter un drône pour vérifier mon toit après le passage de grosses tempêtes. Brillant, n'est-ce pas ? Moi qui n'est pas très techno, ça veut tout dire!

Un groupe de prières s'est même formé aux Îles pour la protection de nos berges et contrer l'érosion. Peut-être que ça influence, qui sait ? Le temps a été assez calme tout l'hiver...